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samedi 20 mars 2010

Galloping Gallagher


Galloping Gallagher
1924
Albert S. Rogell
Avec Fred Thomson


Si l’on en croit Grapevine video, il n’y a que deux films de Fred Thomson ayant survécu jusqu’à nos jours : Thundering Hoofs et Galloping Gallagher. Et encore, Galloping Gallagher n’est pas complet, tout le début du film étant expliqué à grand renfort d’intertitres et d’images fixes. On ne perd sans doute pas grand chose coté scénario puisque l’intrigue semble être des plus basique, on y gagne même en flamboyance, jetés que nous sommes au cœur de l’action, sans préparation et sans exposition inutile. Des bandits, une jolie nana, Fred Thomson beau comme un soleil, nous sommes menés directement à l’essentiel, comme si le film avait été résumé aux constantes les plus spectaculaires du genre.
Du point de vue de la réalisation, Albert S. Rogell fait quelques efforts notables pour se démarquer du tout venant. Les mouvements de caméra subjective lors du sempiternel sauvetage de la femme en perdition sur un chariot (je ne sais pas si les femmes au XIXe siècle étaient réellement incapables d’arrêter un attelage emballé, mais vu les risque pris par nos héros pour les rattraper à chaque fois, cela aurait été judicieux de leur apprendre), le combat en ombre projetée où l’impressionnant et expressif méchant Frank Hagney tente à plusieurs reprises d’étrangler Fred Thomson, les doigts écartés comme Nosferatu, les tronches très freakesques des habitants, adjoint géant, petits vieux tordus et croque-mort hideux (la caricature même du croque-mort de Lucky Luke et son humour noir, toujours déçu quand il n’y a pas de morts) associés au contraste assez poussé de la photographie, confère à ce petit western un aspect assez expressionniste dont l’étrangeté est renforcée par l’absence de début.
Curieusement, on ne retrouve pas du tout la même ambiance dans Thundering Hoofs (réalisé la même année par le même Albert S. Rogel) beaucoup plus conventionnel mais doté semble-t-il d’un plus gros budget. Galloping Gallagher reste cloisonné dans une petite ville typique et sur des chemins de campagne, mais à la fin, tous les méchants sont entassés, pêle-mêle et sonnés, dans main-street sous les hourras des habitants. Alors que Fred Thomson fait à la femme pasteur (Hazel Keener) une demande de confession qui ressemble fort à une demande en mariage, celle-ci lui répond « Oh sweet thing » et le visage de Fred s’illumine, alors qu’elle s’adressait en fait à son cheval Silver King. Le film se termine, sans que le quiproquo soit levé, une originalité de plus pour ce petit film mutilé.

samedi 12 décembre 2009

Thundering Hoofs



Thundering Hoofs
1924
Albert S. Rogell

Avec : Fred Thomson

Fred Thomson est une autre star du western muet, charismatique, athlétique, la bonté même, totalement oublié aujourd’hui. Il fut presque l’égal de Tom Mix en terme de succès (numéro 2 au box office en 1926 et 1927 selon imdb) et il est mort prématurément comme on dit, en 1928, du tétanos après avoir marché sur un clou. D’après Larry Langman dans A guide to silent western, il s’était fait une spécialité de faire des films divertissants sans trop de violence et de coups de feu. Bon, un peu comme Tom Mix quoi, mais en plus beau.

Thundering Hoofs surprend sur plusieurs points. L’intrigue romantique d’abord. Fred Thomson est désespérément amoureux de la fille d’un riche mexicain qui l’a promise au méchant. Ce qui change un brin par rapport aux séries B habituelles où la fille est un objectif secondaire, c’est que l’amour est ici palpable entre les deux personnages, notre héros semble bel et bien affligé de ne pas être maître de son destin, au point qu’il en apparaîtrait presque faible. On remarque aussi une étonnante partie de cache cache dans les appartements de la famille du Don, limite Blake Edwardesque. Le méchant est parfait, sournois, salaud jusqu’au bout. Il est joué par William Lowery, encore un gars qui ne fera plus rien après l’arrivée du parlant. Les mexicains ne sont pas considérés comme une sous espèce humaine comme on a pu le voir dans certains westerns muets antérieurs, même si les soldats sont assez gratinés rayon connerie.

Et surtout, le film est autant un film avec Silver King (le Palomino de Fred Thomson) qu’un film avec Fred Thomson lui même. Ce magnifique étalon blanc est l’objet de beaucoup d’attention et semble parfois un acteur à part entière (comme lorsqu’il pousse de la tête un Fred Thomson un peu gauche qui n’ose aborder sa belle) ou qu’il se recueille sur une tombe. La brutalité faite aux chevaux est un thème récurrent, Fred Thomson n’aime pas, mais vraiment pas, que l’on brutalise son cheval.

Thundering Hoofs dispose de moyens conséquents, en particulier à la fin lors des poursuites dans les riches décors mexicains où Fred Thomson court, saute, grimpe sur les corniches. Le final, grandiose, voit Fred Thomson terrasser un énorme taureau à mains nues sous les hourras de la foule d’une arène bondée. Juste avant, il fait une pirouette d’athlète pour sauter dans l’arène. D’après Wikipédia cette fois, l’acteur s’est cassé une jambe en jouant la scène où il arrête la diligence, et c’est Yakima Canutt qui a fini la scène. Le cinéma à l’époque, c’était pas du chiqué