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samedi 22 novembre 2025

Fast and Furious 10




2023
Louis Leterrier
Avec : toujours la même bande + Jason Momoa

340 millions de dollars, c'est ce qu'à coûté ce dixième épisode de la "saga" no brain Fast and Furious. Pour donner un ordre d'idée, le premier film avait coûté 38 millions de dollars et en avait rapporté 207. Très bien, c'est une belle somme 340 millions, mais c'est dommage qu'elle ne se voit pas à l'écran. C'est dommage que pour un tel budget, il n'y ait pas un mec avec un peu d'autorité pour dire, non mais, vous vous foutez de ma gueule là? Ils sont où mes 340 millions? Les accidents de bagnoles ne sont pas crédibles, l'explosion à Rome fait de l'effet la première seconde, mais c'est tout, la bagnole de Toretto qui traine des hélicoptères en feu derrière elle, est limite risible, l'explosion des camions au-dessus du barrage est loupée, mais surtout, surtout, cette descente en voiture du barrage est hideuse, d'une laideur abominable! Lorsque Toretto (Vin Diesel) se retourne, à un moment, pour voir l'étendue des dégâts, le plan sur le barrage est incompréhensible, il y a du rouge, de la fumée, du noir, des flammes. Toutes ces scènes pyrotechniques invraisemblables ressemblent à ce qu'elles sont, des successions d'image artificielles, mal gaulées, effectuées par des gens qui n'ont pas pris le temps d'étudier la cinématique, à quoi ça ressemble un corps qui chute, comment sont projetés les débris, quelle fumée serait générée réellement par une bombe qui explose dans Rome. On ne ressent pas la masse des objets, il n'y a pas de texture, les carcasses de voiture qui font d'interminables tonneaux n'ont pas de pesanteur, pas de substance, elles sont éthérées, brouillonnes et hors de toute réalité tangible. Rome, Londres, le Portugal ne sont même plus des terrains de jeu pour scènes d'action survitaminées, ces lieux de tournage ne sont plus qu'un calque, un couche parmi d'autre dans le millefeuille de plans superposés qui constituent une scène. Je pardonne beaucoup de choses dans un film d'action débile, et je parviens souvent à y prendre du plaisir, mais il faut respecter le contrat de base : des scènes d'action efficaces. Et là, pour 340 millions de dollars, le compte n'y est pas.

Même au niveau du scénario, je peux encaisser beaucoup. Le 7, c'était Jason Statham qui se vengeait. Le 9, c'était John Cena qui se vengeait. Là ils nous sortent Dante (Jason Momoa), le fils du trafiquant de drogues mort dans le 5, qui veut se venger. Le mec a toujours une longueur d'avance sur tout le monde à un point que ça en devient ridicule, ce n'est plus de la planification intelligente, c'est de la prescience. "Tu es exactement là où je voulais que tu sois", dit il à Dom Toretto lorsque celui-ci se retrouve coincé en haut d'un barrage, encadré par deux camions citerne. Je ne vois pas comment il aurait pu anticiper ça à ce point quand on voit tout le bordel qui a eu lieu avant, surtout que 5 minutes avant le même Dante était dans une voiture en train de pourchasser Dom. Comment est il arrivé en haut de cette montagne, épaulé par le traitre Aimes (Alan Ritchson) qui était pourtant 5 minutes avant dans un avion, et coïncidence, le reste de la bande de Dom se pointe justement à cet endroit dans un autre avion, pile au bon moment pour se faire shooter. Ha ha, tu as cru m'avoir lui dit Dom, mais tu as fait l'erreur de me laisser ma voiture. Hop, Dom s'en sort en dévalant le barrage en voiture, mais oui, mais ça aussi c'était prévu par notre super méchant, et hop, il fait sauter le barrage. Notre héros va-t-il s'en s'en sortir, et sauvera-t-il son fils par la même occasion? Il faudra attendre l'épisode 11.

En tout cas, le thème clair de cet épisode, c'est que tant que Dominic Toretto est dans sa caisse, il peut tout faire. Jouer au foot avec une bombe de plusieurs tonnes dans les rue de Rome, sauter d'un avion et atterrir sur deux voitures ennemies, résister au harponnage inamical de deux hélicoptères, utiliser l'énergie cinétique pour projeter ce qu'il reste des hélicoptères sur d'autres ennemis, défoncer des murs, défoncer des terrasses, et toujours toujours continuer à rouler, quoi qu'il arrive. Oui, c'est fatiguant.

Fatiguant également est Jason Momoa. Les méchants qui cabotinent gâchent toujours les films, à l'exception de Heath Ledger dans The Dark Knight qui avait un rôle qui exigeait ce cabotinage. Mais le cabotinage de Chris Hemsworth dans Furiosa vous flingue le film, et là pareil, la surenchère de Jason Momoa dans Fast and Furious 10 achève encore un peu plus un film qui n'avait déjà pas grand chose pour lui. Comment prendre au sérieux un méchant qui est censé vouloir une vengeance froide et implacable s'il ne cesse de faire des blagues pourries et de rigoler quand Vin Diesel lui met une beigne? Nul.

Sinon, la moulinette Fast and Furious continue son œuvre. Cipher (Charlize Theron) a passé deux épisodes, donc elle peut désormais passer du côté des gentils, même si, soyons honnête, ça ne se fait pas tout seul. Elle et Letty (Michelle Rodriguez) ont une très longue scène ensemble, dans les souterrains d'une base en Antarctique, où elles ne discutent nullement d'un autre homme, ce qui fait que Fast and Furious 10 pourrait bien être le premier film de la franchise à passer le test de Bechdel ! D'accord, l'essentiel de leur dialogue consiste à se foutre des pains dans la tronche, mais ça reste une forme de communication après tout. A l'issue de cette confrontation, les deux femmes font équipe, marchent un peu dans la neige, là, un sous-marin sort des glaces, et qui c'est qui sort de l'écoutille? Gisèle (Gal Gadot) qui était morte à l'épisode 6. Qu'est ce que je vous avais dit hein, quand elle est morte? QU'EST CE QUE JE VOUS AVAIS DIT??? 

Jakob (John Cena), lui, n'aura pas profité longtemps d'être passé du côté des gentils puisqu'il doit se sacrifier à bord de sa voiture lance-roquettes (passons...) pour sauver son frère. On voit la voiture s'écraser, s'embraser, exploser, mais ça n'empêchera pas nos scénaristes favoris de le faire revenir si le besoin s'en ressent (et en vrai, le personnage était plutôt sympathique). Monsieur Personne (Kurt Russel) reste aux abonnés absents, donc à sa place on a droit à sa fille (Brie Larson) qui n'apporte pas grand chose à l'histoire. Brian (Paul Walker) est toujours absent, vu que Paul Walker est mort, mais franchement, avec tous ces mecs qui veulent se venger de toute la bande épisodes après épisodes, c'est quand même bizarre qu'il réussisse à ne jamais être impliqué. Il va vraiment falloir faire tourner la planche à CGI messieurs. Han (Sung Kang) est toujours ressuscité, et ses retrouvailles avec Deckard Shaw (Jason Statham) qui pensait l'avoir tué dans le 6 auraient pu être très savoureuses, mais ça tombe un peu à plat. Les deux lourdingues Tej (Ludacris) et Roman (Tyrese Gibson) passent leur temps à se chamailler et ça en devient pesant, et Megan Ramsey (Nathalie Emmanuel) fait surtout de la figuration dans cet épisode. Et à la toute fin, on retrouve, enfin, Dwayne Johnson, puisque, pour ceux qui ont suivi, il s'était embrouillé avec Vin Diesel, et qu'il ne souhaitait donc plus participer à l'aventure Fast and Furious, mais que dans l'histoire, pour ceux qui ont suivi, c'est bien son personnage Hobbs qui tue le père de Dante (même si je ne vois pas comment il aurait pu le savoir, vu que Dante est dans la flotte au moment ou Hobbs presse sur la gâchette, ça c'est pour ceux qui ont vraiment tout suivi), et donc, ce serait assez curieux que Dante ne cherche à se venger que de Dominic Toretto, et pas de celui qui a réellement tué son père. Mais, si j'ai bien suivi, la brouille entre Dwayne Johnson et Vin Diesel n'est pas tout à fait terminée puisque le retour de Dwayne Johnson dans la "saga" se fera par l'entremise d'un deuxième spin off centré sur sa géguerre avec Dante et non pas dans la série normale, puis la "saga" se conclura par un Fast and Furious 11, ou alors un Fast and Furious 10 épisode 2, ce qui serait débile, à moins qu'ils fassent un Fast and Furious 10, la trilogie, ce qui serait encore plus débile, mais quand on aime on ne compte pas.

On verra tout ça quand ça sortira, et il faudra même attendre le respect de la chronologie des médias pour ça, parce que si, à la rigueur, je peux me déplacer pour voir un Mission : Impossible au cinéma (même si j'ai loupé le dernier), ça n'arrivera pas pour un Fast and Furious. A bientôt tout de même.

dimanche 16 novembre 2025

Fast and Furious 9




2021
Justin Lin
Avec : toujours la même bande, mais sans Dwayne Johnson

La scène d'introduction est pas mal, on assiste à une course de voiture en 1989. Les couleurs sont légèrement sepia parce que c'était il y a très longtemps 1989. Le pilote est Toretto, mais Jack Toretto (J. D. Pardo), le père de Dominic Toretto (Vin Diesel). Y a comme un accrochage, et le père meurt, carbonisé dans sa voiture. Le jeune Dominic Toretto hurle. Boudiou, le truc, c'est qu'au bout de 10 films merdiques de cette trempe, à force de faire revivre des gens, à force de leur inventer des passés sortis de nulle part, tous ces personnages finissent par gagner en épaisseur malgré leur peu de caractérisation psychologique de départ. C'est ainsi, et on finit par s'y attacher, et on retrouve Dom, devenu père à son tour, qui répare un vieux tracteur et demande une clé de 12 à son fils. "Tu es sûr?" lui demande-t-il, le regard affectueux, lorsque celui-ci lui tend un tournevis. Comme c'est meugnon...

Bon, c'est meugnon, mais pas au point d'en faire une "saga" de référence non plus. Entre le déjeuner et le café, les scénaristes ont l'idée de créer un frère à Dominic Toretto: Jakob, joué par John Cena. Pourquoi on n'en a jamais entendu parler pendant les 8 premiers épisodes? Pourquoi même pas une petite allusion? Bah c'est parce que c'est un paria, il a bricolé un truc dans la voiture de son père, et c'est à cause de lui que son père est mort. Donc entre Dominic et Jakob, c'est à la mort à la mort. Voilà comment on installe le nouveau méchant du film. Cipher (Charlize Theron) est prisonnière de ce nouveau méchant, j'ai pas compris comment. Elle est prisonnière dans une prison de verre, sans accès à aucun ordinateur, vu qu'elle pourrait hacker la CIA avec un Nokia 3310. Elle n'a même pas de chiottes dans sa prison de verre, donc concrètement je ne sais pas comment elle fait. Mais elle continue de parler doucement, d'analyser ses geôliers, notant des origines scandinaves chez les Toretto du fait de la mâchoire assez carrée de Jakob. Passionnant. 

Dans ce neuvième opus, on retrouve Mia Toretto (Jordana Brewster), la sœur de Dominic. En fait je ne m'étais pas rendu compte qu'elle n'était plus là depuis un ou deux épisodes. Et oui, c'est qu'elle est censée filer la parfaite vie de famille avec Brian, disparu lui, parce Paul Walker est décédé dans la vraie vie. Et là, soudain, Fast and Furious devient une franchise féministe. Mia est là, mais Brian n'est pas là. L'homme reste au charbon, à s'occuper de ses gosses et de celui de Dom, la femme part sauver la planète (oui parce qu'il est encore question de retrouver un machin qui pourrait détruire le monde). Et c'est d'autant plus un film féministe qu'on assiste à une scène de bien 5 minutes où deux femmes, Mia Toretto (Jordana Brewster) et Letty (Michelle Rodriguez) parlent entre elles en bouffant des ramen à Tokyo. La scène semble avoir été tournée pour faire plaisir à Michelle Rodriguez qui râlait sur la place des femmes dans la série, et pour que le film passe le test de Bechdel. Pour rappel, le test de Bechdel met en évidence le sexisme des films ou livres en l'évaluant à l'aune de trois critères : 

  • Il doit y avoir au moins deux femmes nommées (nom/prénom) dans l’œuvre ;
  • qui parlent ensemble ;
  • et qui parlent de quelque chose qui est sans rapport avec un homme.

En fait, il est effectivement difficile de trouver des films mainstream qui respectent cette règle, Mad Max : Fury Road, par exemple, en fait partie. Ici, les scénaristes se sont légèrement foirés, parce que si les deux femmes parlent de leurs tourments et de leurs états d'âme, elles évoquent également leur rapport avec le mâle alpha de la "saga" : Dominic Toretto, ce qui de facto ne respecte pas la troisième règle. Mais déjà, c'est un progrès, la scène m'a sauté au yeux, c'est dire si on n'a pas l'habitude de voir ça dans un actioner.
Ce qui m'a également sauté au yeux, c'est ce qui suit cette scène. Tenez vous bien. Han (Sung Kang) n'est pas mort! Alors attendez, il faut rembobiner. Pour rappel, la petite astuce temporelle qui faisait revenir Han dans les épisodes 4 à 6 avait pour but de ne pas faire de résurrections bidon dans la "saga". Une résurrection bidon plus tard (celle de Letty), nos valeureux scénaristes font finalement revenir Han. Han avait pourtant été tué par Deckard Shaw (Jason Statham) hein, on voit la voiture s'embraser avec Han dedans! Ben non, Han n'explique pas trop comment, mais c'était un tour de passe passe orchestré par Mr Nobody (Kurt Russel) pour que Han s'occupe d'une fille qui a un rapport avec le truc que tout le monde cherche et qui pourrait signifier la fin du monde. OK mais bon, le réal Justin Lin doit être bien embêté. Il avait sorti un DVD Collector "97 Special Edition" de Fast and Furious: Tokyo Drift où l'on voyait Jason Statham, dans la foule, surveiller Han. Il va falloir sortir un Blu-Ray "2013 Definitive Edition" avec une incrustation de Kurt Russel, rigolard, en train de surveiller Statham surveillant Han. Difficile de faire plus con que cette résurrection, mais ça permet de voir Han faire une accolade avec Sean Boswell (Lucas Black) du troisième épisode, qui a ici un petit rôle sympa, et de voir dans la scène post générique Deckard Shaw écarquiller les yeux quand Han frappe à sa porte.
Pour le reste, c'est le portnawak habituel, avec plein de puissants électro-aimants qui attirent les voitures adverses, mais un portnawak qui touche ici au sublime, lorsque Roman (Tyrese Gibson) et Tej (Ludacris) viennent shooter un satellite en voiture! Si si, ils l'ont fait, propulser une voiture dans l'espace avec nos deux loustics dedans, respirant dans des vieux scaphandres de plongée, pour détruire un satellite qui pourrait activer un machin qui pourrait bien provoquer la fin du monde. Comme le notent eux-mêmes les deux protagonistes, deux mecs, pas blancs, issus des bas-fonds, qui ont une scène dans l'espace, c'est la classe. On pense ce que l'on veut de cette série débile, de son machisme, de ses invraisemblances, mais elle a le mérite de mettre en avant une tripotée de héros bigarrés, divers et qui sortent des sentiers battus.
Pour la fin de la trame narrative de ce neuvième épisode, on s'en doutait, Jakob se rachète, Dominic pardonne, parce que la famille c'est la famille, et Cipher perd à nouveau. Le monde est sauvé, ouf, on peut finir par un barbecue final qui devient aussi iconique que le banquet à la fin d'Astérix. Il faut dire le bénédicité. Il manque quelqu'un, une voiture de sport se gare, on devine que c'est Brian, mais on ne le verra pas. Snif, je verserais presque une larme.  Allez, plus qu'un avant la sortie de FAST 11. Fast and Furious 9 n'ayant rapporté "que" 726 millions de dollars, on peut espérer que tout cela va bientôt toucher à sa fin.

Fast and Furious : Hobbs and Shaw


2019
David Leitch
Avec : Dwayne Johnson, Jason Statham, Idris Elba, Vanessa Kirby

On avait pas assez de Fast and Furious, voici les spin offs. Celui-ci est centré sur Luke Hobbs (Dwayne Johnson) et Deckard Shaw (Jason Statham). La "saga" n'est déjà pas terrible dans l'ensemble, ce spin off ne réhausse pas le niveau. Si on a plaisir à revoir Vanessa Kirby qui jouait la princesse Margaret dans The Crown, le reste est exactement comme d'habitude, avec peut-être plus de tentatives d'humour un brin décalé (en particulier l'agent Locke (Ryan Reynolds) qui en fait des tonnes). Hobbs et Shaw se lancent des vannes à n'en plus finir, et les scènes d'action sont pour la plupart pitoyables. Encore une fois parce que les effets spéciaux ne sont pas au niveau de ce qu'on pourrait attendre d'un film qui a coûté 200 millions de dollars, mais aussi parce que le méchant (Idris Elba) est une espèce d'être humain "amélioré" qui peut faire des trucs improbables et qui a une moto qui a l'air de pouvoir se relever toute seule et se conduire toute seule. On touche là vraiment aux limites de cette notion de suspension de crédibilité, on est prêt à croire n'importe quoi, des technologies de traçage hyper pointues aux accidents super spectaculaires où personne ne meurt, mais quand l'essence même de la "saga", à savoir les bastons et les courses de bagnoles, est parasitée par ce qui lorgne de plus en plus vers la science fiction, on décroche.

C'est un virus super dangereux qu'il faut récupérer ici, la routine quoi. Vanessa Kirby joue la sœur de Deckard Shaw, elle s'est inoculé le virus je crois, donc il y a un décompte fatal qui est enclenché. Personne ne croit sérieusement qu'elle va mourir et la moitié de l'humanité avec elle. L'originalité, on va dire, c'est que tous les gentils se retrouvent aux îles Samoa pour un prétexte que j'ai déjà oublié, ce qui permet à Hobbs de retrouver sa famille. Le temps de préparer une petite bataille, les gentils d'un côté avec leurs sens de la débrouille, leurs tongs et leurs bagnoles d'un certain âge, et les méchants de l'autre, avec leur hélicoptère et toute leur technologie. Je vous passe les détails, mais ce film permet de vérifier un axiome connu des films d'actions: quand un hélicoptère tombe, s'il n'y a que des méchants dedans, l'hélicoptère explose. S'il y a un gentil dedans, l'hélicoptère n'explose pas, et le gentil se fait une bosse. La morale de l'histoire, c'est que l'humain, l'amitié, le travail d'équipe et le cœur priment sur la meilleure des technologies, c'est le petit message que veut faire passer le film avec des sabots énormes à tous ceux qui rêvent d'humain amélioré. Le méchant du film est désactivé, et on comprend que ce n'est pas fini, que le vrai méchant reste dans l'ombre. On devrait donc avoir une suite au spin off. Sauf que, à l'époque où sort ce film, Dwayne Johnson et Vin Diesel se sont embrouillés comme deux bons gros mâles alpha, au point que Dwayne Johnson déclarera ne plus vouloir participer à la série. Et effectivement, pas de Dwayne Johnson dans Fast and Furious 9. Mon dieu, et s'il ne revenait pas? Et si ce mystérieux méchant restait pour toujours dans l'ombre? Je n'en dors plus la nuit.

samedi 15 novembre 2025

Fast and Furious 8




F. Gary Gray
2017
Avec : toujours les mêmes, mais sans Paul Walker et avec Charlize Theron

Je ne vous cache pas que je commence à fatiguer. Cet épisode, c'est celui avec le sous-marin. Voilà. C'est nul et c'est long. Paul Walker n'est plus là, mais honnêtement est-ce que ça change grand chose? Non, le casting est désormais tellement pluriel qu'on y fait presque pas attention.  Après une course de bagnole très couleur locale à Cuba où Dom (Vin Diesel) gagne la confiance d'un caïd du cru en lui laissant la voiture qu'il a pourtant gagné, arrive Cipher (Charlize Theron) qui joue encore une hackeuze bien gaulée et extrêmement talentueuse. Je dis encore, pas parce qu'elle aurait déjà joué ce rôle ailleurs, mais parce qu'on a déjà Nathalie Emmanuel dans le casting qui coche cette case. Grosse déception du film, Charlize Theron ne parvient pas à créer une méchante réussie. Elle vit dans un avion constamment en l'air, marmonne, parle doucement, est toujours très rationnelle (trop) et explique à Dom des choses sur l'évolution, ne comprend pas pourquoi il a laissé la voiture au Cubain, c'est pas logique, tatati, tatata. On n'écoute déjà plus beaucoup. Dom entre au service de Cipher, car la famille s'agrandit, Dom a désormais un fils, il ne le savait pas, nous non plus, c'est normal c'est sorti de la tête des scénaristes, comme ça, après la pause café. Dom a un fils qu'il a eu avec Elena Neves (Elsa Pataky) à l'époque où Letty (Michelle Rodriguez) était présumée morte. On voit Vin Diesel pleurer, les amis, on voit Vin Diesel pleurer! Bref, ce fils est retenu en otage par Cipher, pour contraindre Dom à travailler pour elle. Le but est comme d'habitude de récupérer un truc ou un bidule qui met le monde en danger. Donc Charlize Theron est fadasse, ne comprend pas bien cette histoire de "famille" et de "confiance". Elle qui est experte réseau, elle devrait savoir que le réseau humain est tout aussi important que les réseaux informatiques, c'est très bref, mais le cubain dont Dom a gagné la confiance au début, il lui filera un petit coup de main pour se sortir des griffes de Cipher. Oui madame l'experte bien gaulée, oui! ça ne sert à rien d'être intelligente et d'une logique implacable, ce qui sert dans la vie, c'est l'amitié, la famille, la tribu, les contacts, la débrouille, oui madame! C'est ça la morale Fast and Furious!

Hobbs (Dwayne Johnson) se retrouve en prison, je ne sais plus trop pourquoi. Pourquoi j'en parle alors? Parce qu'il y retrouve Deckard Shaw (Jason Statham) qui est au cœur des deux seules séquences que je trouve réussies du film. La première, celle de l'évasion opportuniste qui suit l'arrivée de Hobbs en taule. Jason Statham est grave convaincant, il fonce, il saute partout, il virevolte, il est déterminé. Depuis qu'il est dans la série, il apporte un surplus d'énergie à des films qui n'en manquaient pourtant pas. La deuxième, c'est encore Deckard Shaw qui va sortir le bébé de Dom Toretto de l'avion de Cipher en plein vol. Shaw se bat contre à peu près tous les tueurs de l'avion tout en protégeant le bébé dans son cosy et en lui faisant des risettes. C'est fun, c'est rigolo. Egalement, dans une autre scène, lui et Hobbs s'envoient des tas d'insultes menaçantes de mâles alpha, du style  "je vais t'enfoncer les dents tellement profond que du devras passer par derrière pour te les brosser ", c'est long, c'est moyen, et tout d'un coup Jason Statham sort un grand sourire, on ne sait même pas si c'était un loupé de l'acteur qui aurait dû finir dans le bêtisier où si c'était écrit. En tout cas, cela suffit à réconcilier nos deux lascars. Rappelons que Deckard Shaw était le grand méchant de l'épisode 7, celui qui a tué Han, et que c'est ce gars là que Dom va appeler à l'aide pour sauver son fils, épaulé en plus par son frère Owen Shaw (Luke Evans) qui rappelons le, était le méchant du 6, celui qui a écrasé pleins d'innocents avec un tank sur une autoroute et maintenait Letty sous sa coupe. La rancune n'est pas tenace dans Fast and Furious.

Dom qui est contraint de jouer les méchants, c'est une assez bonne idée du film, pas vraiment exploitée jusqu'au bout, mais j'essaie, hein, j'essaie de trouver des points positifs. Parce que là, je crois que j'ai fait le tour. Comme dans Fast and Furious 4, l'ensemble des scènes d'action est plombé par des effets spéciaux numériques totalement loupés. Cipher, la hackeuse, hacke l'ensemble des voitures autonomes de New York, juste pour foutre le bordel et permettre à Dom de récupérer toujours un truc qui pourrait mettre le monde en péril. La scène pourrait être intéressante, mais c'est mal gaulé, il pleut des voitures, il y en a trop, la suspension de crédibilité ne marche plus, l'incrustation des voitures qui roulent toutes seules est loupée, on a l'impression d'assister à un concept plus qu'à une scène réelle, on s'ennuie. Pareil avec les sous-marin. Je ne sais pas où ça a été tourné, mais la Sibérie post-soviétique paraît irréelle, comme si on était dans un de ces horribles multivers alternatifs que l'on voit dans les films Marvel. Le sous-marin qui sort des glaces sonne faux, Letty qui parvient à stabiliser sa voiture sur de la glace en train d'être brisée, cela sonne faux, surtout que toutes les voitures des méchants y passent. La petite équipe de Dom qui vient le protéger in extremis de l'explosion du sous-marin en formant un rempart avec leurs voitures, ça sonne faux aussi. Tout est moche, loupé, sans intérêt. Pourtant cette chose rapportera 1,2 milliards de dollars, j'ai du mal à comprendre.

A la fin, c'est barbecue sur un rooftop à New York. On boit de la Corona. Dom décide d'appeler son fils Brian. Oui, parce que sa mère Elena (tuée par Cipher au fait) ne lui avait pas donné de premier prénom pour que son papa puisse lui en choisir un lui-même. Le dévouement des femmes envers leurs hommes dans ces films est incroyable. Le père de ton fils s'en va pour retrouver sa première greluche qui a retrouvé la mémoire, et toi, tu restes plein d'admiration pour lui, et tu fais exprès de ne pas donner de premier prénom à ton fils pendant des mois, pour que son paternel puisse lui en donner un, si un jour il le souhaite. Incroyable. Michelle Rodriguez a plusieurs fois critiqué la place et le rôle des femmes dans la franchise, et menacé de quitté la série. Même si toutes les femmes de la série ont des rôles de femmes d'action assez développés pour le côté action, il faut bien avouer qu'elles sont rarement moteur de ladite action, et toujours dans le sillage des mâles alpha. Mais c'est pas grave, plus que trois films à tirer, après on pourra parler d'autre chose.


mercredi 12 novembre 2025

Fast and Furious 7




2015
James Waan
Avec : toujours les mêmes, rejoints par Kurt Russel, Jason Statham et Nathalie Emmanuel


Justin Lin jette l'éponge, jugeant sans doute avoir bouclé la boucle avec la mort de Han à la fin du sixième épisode. Il refile le bébé à James Waan qui signera l'opus le plus profitable de la série, récoltant la rondelette somme de 1,5 milliard de dollars au box office mondial, soit excusez du peu, le double de Fast and Furious 6. On pourrait penser que ce résultat exceptionnel est dû à la morbidité du public, curieux de voir comment les scénaristes allaient gérer la mort - réelle - de Paul Walker, mais Fast and Furious 8 récoltera 1,2 milliard de dollars, invalidant largement cette théorie. 

Car oui, Paul Walker est mort d'un accident de voiture alors que le tournage n'était pas terminé, ce qui est bien sûr ironique à plus d'un titre. Cette mort réelle, est télescopée par la mort scénaristique de Han (Sung Kang) et j'avais souvenir d'une affiche légèrement abjecte montrant les membre de la "famille" de Dom à un enterrement, jouant sur la confusion entre la mort factice de l'un et la mort réelle de l'autre. Mais je ne retrouve pas cette affiche, donc il faut croire que j'ai rêvé, ou qu'il s'agissait d'un fake.

Quoi qu'il en soit, il s'agit donc du dernier épisode où l'on verra Brian (Paul Walker) puisqu'il ne saurait être question ici d'une résurrection bidon. Encore que, est-ce que Fast and Furious ne sera pas la première franchise au monde à faire revenir un acteur majeur en version numérique? Après le rajeunissement de Harrison Ford dans le dernier Indiana Jones, les incrustations furtives dans certains Star Wars, on sent bien qu'il y a juste un dernier petit bout de rempart, un vestige de morale désuète qui empêche nos producteurs chéris de faire revenir une star décédée pour un premier rôle . Quand les fan fictions générées par IA déferleront sur les réseaux, ces derniers verrous sauteront illico presto. En attendant, le Brian de Fast and Furious prend une retraite bien méritée avec la naissance à venir de son deuxième enfant. Les scènes finales qui devraient respirer le bonheur ont pourtant tout d'un éloge funèbre. Message caché : démarrer une vie de famille, c'est commencer à mourir, c'est tellement mieux de jouer au caïd et de continuer à faire des burns sur un parking...

Pour le scénario, on est passé d'un film de casse potable (Fast and Furious 5), à une film de style Mission Impossible délirant (Fast and Furious 6) jusqu'à ce fatras impressionnant de scènes d'actions toutes plus débiles les unes que les autres dans Fast and Furious 7. C'est peut-être ça finalement qui a tellement attiré les foules. Plus une once de vraisemblance, une suspension de crédibilité permanente, un épuisement de l'esprit critique par le trop plein, le bruit, la fatigue oculaire.  Encore, les bagnoles qui sautent d'un avion, il me semble que ça avait déjà été fait (Terminal Velocity, 1994, Natassja Kinski), mais la bagnole qui saute d'un gratte-ciel à l'autre, je ne crois pas, et Vin Diesel qui parvient avec sa voiture à aller plus vite qu'un parking qui s'effondre tout en projetant sa voiture contre un hélicoptère, en lui balançant un sac de grenades le tout sans mourir, je ne crois pas non plus. N'oublions pas Dwayne "the Rock" Johnson qui casse son plâtre avec ses biscottos avant de défoncer un drône avec une ambulance, puis de canarder ledit hélicoptère avec une mitrailleuse qui fait deux fois sa taille, portée à bout de bras. Schwarzie avec sa sulfateuse dans Terminator ferait presque pitié. Jason Statham également, avec sa détermination à paraître implacable, indestructible, robotique, hyper puissant, en fait tellement trop qu'il en devient comique. Et Jason Statham étant Jason Statham, on se doute bien que celui-ci ne devrait pas rester méchant trop longtemps. On note également l'arrivée de ce bon vieux Kurt Russel, deus ex-machina, venu sauver Dom de la mort au meilleur moment, et qui donne crédit illimité à son équipe pour foutre le bordel absolument partout sur la planète. A partir de là, on n'a plus besoin de savoir d'où viennent toutes les bagnoles et toutes les armes qu'ils démolissent au cours des films à venir, ce n'est jamais plus un problème. C'est également la première apparition de Ramsey (Nathalie Emmanuel), qui joue une hackeuse. Les hackeurs dans ces films sont des êtres surnaturels capables de tout détourner, tout pirater, tout déverrouiller avec une connexion 56k intermittente, dans une bagnole poursuivie par des centaines de bagnoles de méchants. Bref, il s'agit encore ici de récupérer une invention diabolique, l'œil de Dieu, qui espionne tout et tout le monde à la fois, et qui bien sûr ne doit pas tomber entre de mauvaises mains, les bonnes mains étant bien sûr américaines. Heureusement, Roman (Tyrese Gibson) est là pour apporter un peu de distance ironique au film quand il demande s'il peut s'en servir vite fait pour checker ses mails. Nathalie Emmanuel, belle comme une voiture de course, fait tout son possible pour ne pas paraître trop bombasse nunuche dans sa nouvelle famille d'adoption. On la gratifie quand même d'une sortie de l'eau en bikini façon James Bond girl, mais il me semble que c'est la dernière fois qu'elle sera sexualisée de la sorte dans la franchise. Je ne manquerai pas de corriger si je me trompe. Enfin, on revoit avec plaisir Lucas Black de retour à la fois par des images reprises de Fast and Furious : Tokyo Drift et dans de nouvelles scènes se passant immédiatement après. Entre les deux scènes, Lucas Black a pris 9 ans, et ça, curieusement, ça choquerait limite plus que toutes les cascades débiles qu'on se tape pendant les interminables 137 minutes de cet épuisant opus.

mardi 11 novembre 2025

Fast and Furious 6




2013
Justin Lin
Avec : les mêmes que dans le 5

Fast and Furious 5 était celui où nos héros traînent un coffre dans les rues de Rio. Fast and Furious 6 est celui où le méchant conduit un char d'assaut à contre-sens sur l'autoroute. Chaque film peut finalement se résumer à une méga scène d'action qui l'identifie peu ou prou. Letty (Michelle Rodriguez) grimace, parce que le char écrase des voitures avec des vrais gens dedans. Il y a donc des vrais morts, ouh c'est violent! Qu'est ce que ce char fout là sur l'autoroute? Aucune idée. Que convoite le méchant? Aucune idée. Comme l'avouent nos protagonistes (les mêmes que dans le 5), on est passé à la vitesse supérieure. On ne cherche plus une base de donnée d'un trafiquant lambda, on ne veut plus le pognon, on court après un truc qui pourrait bien signifier la fin du monde. Nos héros, les membres de cette petite familia hétéroclite qui gravite autour de Dom (Vin Diesel), se prennent une branlée monumentale au début du film, et au milieu aussi d'ailleurs, parce que cette fois, ce sont de vrais pros en face, menés par Owen Shaw (Luke Evans) qui est un ancien des forces spéciales britanniques. On a vraiment basculé du côté de Mission : Impossible et on s'attendrait presque à voir un crossover avec Tom Cruise courant comme un lapin pour venir se battre contre Dwayne Johnson qui fait deux fois sa taille, ça serait marrant.

Nos loustics mettent un peu de temps à s'adapter à cette nouvelle donne, mais le message c'est que la famille, la débrouille, la tchatche et l'improvisation sont plus forts qu'une planification minutieuse et des années d'entraînement dans les forces spéciales. Soit. Don't think, feel. Presque un pamphlet! Nous aussi, gosses des suburbs on peut sauver le monde, parce que l'optimisme, le système D, les réseaux de potes, et surtout, la rage de vaincre (ride or die) surpassent tout. Hobbs (Dwayne Johnson) et Tej (Ludicrous) humilient en mode "revanche de classe" un vendeur de voitures de luxe qui les avait jugés cruellement sur leurs vêtements "fonctionnels". Ce film parle à tous les déclassés, ceux qui subissent la société de consommation, qui rêvent d'être riches, les frustrés sexuels qui subissent le porno et les femmes d'une autre planète dans les pubs de parfum, ceux qui voudraient une Bugatti Chiron mais qui se contenteront de la version Lego Speed Control. Vous aussi vous pouvez avoir tout ça leur dit Fast and Furious 6, vous aussi vous pouvez niquer leurs races à ceux qui nous contrôlent.

Du côté du scénario, on a donc le retour de Letty (Michelle Rodriguez) là où les scénaristes ne voulaient pas ressusciter les gens de manière irréaliste. Non seulement ils usent de ce procédé indigne, mais ils rajoutent un autre cliché au truc : elle a perdu la mémoire, elle ne se souvient plus de Dom et lui balance une balle dans l'épaule. Il encaisse ça sans broncher, se soigne lui-même et repart comme si de rien n'était. Tu es rabat-joie qu'on va me dire, mais je n'ai pas bien compris ce qu'apporte cette amnésie à l'intrigue, à part une scène censée être touchante ou Letty et Dom comparent leurs blessures de guerre. A la fin, Gisèle (Gal Gadot), meurt, mais les scénaristes ne se cachent même plus, on ne la voit pas vraiment mourir, au cas où il faudrait la faire revenir.

La scène post-générique, qui n'est même plus post-générique pour être sûr que personne ne la rate, montre la mort de Han, qui pour rappel, avait déjà été vue dans Fast and Furious : Tokyo Drift. La boucle et bouclée, on découvre qu'en fait Han a été tué intentionnellement par Jason Statham, c'est le petit twist, la petite attention qui permet de faire rebondir la "saga". Cependant, il y a dix ans d'écart entre ces deux films, la vie, les téléphones, et sans doute aussi les voitures ont évolué. Les téléphones utilisés par les japonais pour filmer les courses dans Fast and Furious : Tokyo Drift sont totalement ringardisés par la débauche de technologie montrée dans les films précédents. Si j'étais Justin Lin, ni une ni deux, je sortirais une édition DVD Collector "97 Special Edition" de Fast and Furious : Tokyo Drift avec des retouches numériques pour mettre les téléphones et les bagnoles au goût du jour de 2013 et une incrustation de Jason Statham quelque part dans la foule, à un point clé de l'intrigue, pour faire genre "c'était prévu". Oui, je viens d'une époque où les DVD Collector étaient importants, je viens d'une époque où l'on regardait les scènes coupées des films. Je viens d'une époque où les les passionnés lisaient les blogs d'autres passionnés sur leurs films de prédilection. Aujourd'hui, cette article ne sera lu par personne, il va être ingurgité par toutes les IA de la planète, et peut-être que dans quelques mois, quelqu'un demandera à son IA préférée : "Si la mort de Han dans FF3 est censée se passer après FF6, comment ça se fait qu'aucune voiture et qu'aucun téléphone de FF3 ne soit à jour?". "Excellente question, lui dira l'IA, tu exposes ici les limites d'un rafistolage non anticipé par les scénaristes de la franchise Fast and Furious. Mais Justin Lin a sorti en 1997 une version améliorée de Fast and Furious 3 où il corrige entre autre les défauts que tu cites. Souhaites tu que je te fasse une courte comparaison détaillée des différences entre les deux versions?".

Allez, plus que 5 films...

dimanche 9 novembre 2025

Fast and Furious 5




2011
Justin Lin
Avec : Vin Diesel, Paul Walker, Jordana Brewster, Sung Kang, Gal Gadot, Dwayne Johnson, Elsa Pataky, Tyrese Gibson, Ludacris, Matt Schulze

Yo, cette fois c'est parti, on a quitté définitivement le monde des courses de rue pour se concentrer sur l'action, le portnawak et la destruction systématique de voitures appartenant à des tiers et de mobilier urbain. A un bref moment, Dom Toretto (Vin Diesel) et Brian (Paul Walker) vont participer à une course de rue parce qu'ils ont besoin d'une voiture. On a donc droit à une énième scène montrant des popotins féminins se dandinant devant des caisses archi-tunées. Mais Dom et Brian ont le sourire blasé, Brian fait une réflexion sur le bon vieux temps et Justin Lin ne juge même pas nécessaire de nous montrer la course, devenue pure formalité. Pour la première fois également, il ne s'agit pas d'infiltrer un gang d'odieux mafiosi, mais de voler tout l'argent d'un odieux mafioso entreposé dans un commissariat. Ce film se passe à Rio de Janeiro, je le sais parce qu'on a droit à une bonne dizaine de plans de la gigantesque statue du Christ les bras en croix. Rio est donc une cité totalement corrompue où le parrain local stocke son blé dans un commissariat, tranquille. De même, ce film signe l'arrivée fracassante de Dwayne Johnson dans la franchise. Ce flic américain hyper balèze semble avoir quartier libre dans Rio, avec des véhicules blindés qui tiennent bien plus du char d'assaut que de la Renault Modus du commissariat de Roubaix. Son but, coffrer la bande de Dom à tout prix, peu importe qu'il soit en territoire étranger. A la fin, il flingue le mafioso sans état d'âme, pourquoi se faire chier avec la justice, les demandes d'extradition et tous ces trucs soûlants. Mais bon, ne gâchons pas notre plaisir pour des broutilles.

Pour la première fois également, toute la petite bande de Dom est réunie, on retrouve Dom (Vin Diesel), Mia (Jordana Brewter), Brian (Paul Walker), et même Vince (Matt Schulze) du premier épisode. On retrouve Roman (Tyrese Gibson) et Tej (Ludacris) du deuxième épisode. Tej n'avait pas un rôle très marquant dans ce deuxième épisode, mais le voilà propulsé expert technologies et coffres blindés. On retrouve à nouveau Han (Sun Kang) du troisième épisode et pour finir Gal Gadot, Tego Calderon et Don Omar du quatrième. Tout ce petit monde passe son temps à se vanner et à écarquiller les yeux devant les plans impossibles de Dom, et tout ce petit mode est croyant, puisque dans chaque épisode quelqu'un doit dire le bénédicité avant de bouffer un barbecue infâme cuit dans un bidon dégueu.. Dwayne Johnson et Elsa Pataky donc, nouveau venus dans la "saga", sont pour l'instant des "méchants", mais Dwayne Johnson étant Dwayne Johnson, on se doute bien qu'il ne peut pas être foncièrement mauvais. D'ailleurs à la fin, il a un sourire révélateur quand il réalise qu'il s'est fait rouler par Dom. Quant à Elsa Pataky, elle est prompte à comprendre que ceux qu'elle poursuit ne sont pas les vrais méchants, et elle tombe bien vite amoureuse de Dom, qui est libre je le rappelle, car Letty (Michelle Rodriguez) est morte, et que les scénaristes de la franchise ne sont pas du genre à ressusciter les morts. 

Le final en apothéose est totalement invraisemblable, deux voitures, certes puissantes, parvenant à trainer un coffre de plusieurs tonnes dans les grandes avenues de Rio. On s'en fout, ils pètent tout sur leur passage, sans faire aucune victime, c'est débile et c'est fait pour. A la fin, la totalité des voitures de Police de Rio a été réduite en miettes, mais c'est pas grave, le film rapportera quasiment le double du précédent, soit la bagatelle de 626 millions de dollars au niveau mondial. Ce qui ferait presque passer les 100 millions de dollars que convoitent nos loustics pour de l'argent de poche. Argent de poche qu'empocheront bien les protagonistes du film, faisant fi de la morale habituelle des films de casse. Avec cet argent, ils se payent des bagnoles de luxes et des poulettes bien gaulées, ce qui est un comble puisqu'avant ça, ils passaient déjà leur temps à conduire des bagnoles de luxe entourées de poulettes bien gaulées. Han et Gisèle (Gal Gadot) ne font pas dans l'originalité non plus puisqu'ils prennent des vacances sur une plage paradisiaque. Brian devient papa et va découvrir un nouveau monde. Fin de la série? Non, puisque juste après le générique, Monica Fuentes (Eva Mendes) du deuxième épisode, réapparaît pour montrer à Hobbs (Dwayne Johnson) des photos de Letty (Michele Rodriguez) qui serait donc bien vivante!!! Tu crois aux fantômes demande-t-elle à Hobbs, madre de dios de madre de dios, qu'est ce que j'avais dit sur ces foutus scénaristes de cette foutu série hein? Qu'est ce que j'avais dit? Cette bref scène post-générique nous annonce donc le retour de Letty (Michele Rodriguez) qui était morte et qui reviendra effectivement pour plusieurs épisodes, et de Monica Fuentes (Eva Mendes) qui était vivante, mais qui elle ne reviendra PAS, la faute sans doute à un zéro manquant sur un chèque. A tout de suite.

samedi 8 novembre 2025

Fast and Furious 4




2009
Justin Lin
Avec : Vin Diesel, Paul Walker, Michelle Rodriguez, Jordana Brewster, Gal Gadot, Sung Kang

Pour entamer cette épisode de la série Bigger, faster louder de la "saga" Fast and Furious, Justin Lin nous montre l'attaque par Dom Toretto (Vin Diesel) et sa bande d'un de ces immenses camions à multiples citernes qui parcourent la pampa. Comme c'est situé en République Dominicaine, le réalisateur se sent obligé d'appliquer un filtre ocre à l'ensemble de la scène. On retrouve Michelle Rodriguez qui a troqué ses vêtements de pétasse du premier épisode pour une tenue actioner plus propre aux acrobaties qu'elle doit alors réaliser (encore que l'utilité fonctionnelle de son décolleté avantageux m'échappe). Elle saute avec aisance de la voiture de Dom sur le camion et n'est clairement pas là pour jouer les faire-valoir. Dans le couple qu'elle forme avec Dom, elle semble être celle qui en veut, qui s'éclate, là où notre Vinou paraît davantage vouloir se ranger et mater Wheelers Dealers Central America le dimanche après-midi sur son canap. Cette scène inaugurale d'attaque de camion pourrait être plaisante si elle n'était pas gâchée par des effets spéciaux numériques plus que limites. En 2009, on savait faire mieux que cette bouillie de pixels dégueulasse.

Autre incongruité, on retrouve brièvement, après l'attaque, le personnage de Han Lue (Sung Kang) qui était pourtant mort dans l'épisode précédent. Je ne sais pas si lorsque le film est sorti, les fans étaient au courant du twist ou s'ils se sont dit whatthefuck, les scénaristes n'en ont vraiment rien à branler de la cohérence de leurs films. Mais le twist est le suivant: cette épisode IV se situe en fait temporellement avant Fast and Furious : Tokyo Drift. Ce qui explique pourquoi Dominic Toretto connaissait Han à la fin du troisième opus. Là je dis wahou, carré, incroyable, les mecs raccrochent via une continuité temporelle bizarre un épisode qui était censé être un peu un one shot aux autres films de la série, c'est vertigineux. Ce faisant ils se la jouent Star Wars en laissant entendre que tout n'est pas forcément tourné dans l'ordre, mais en plus ils rajoutent une profondeur factice à une "saga" qui jusqu'ici en était totalement dépourvue. Mais pourquoi les scénaristes ont-ils agi ainsi? Je cite de mémoire ; ils souhaitaient faire revenir Han, dont ils sentaient le plein potentiel, mais ils ne voulaient pas avoir recours à une résurrection bancale pour le faire réapparaître. Retenez bien cette phrase si vous avez l'intention de lire toutes mes bafouilles à venir sur Fast and Furious, parce qu'elle vaut son pesant de pesos. Retenez cette phrase, les scénaristes de Fast and Furious ont une trop haute estime d'eux même pour faire revenir des personnages décédés!

D'ailleurs, après une séparation de la bande, et une brève ellipse, on apprend que Letty (Michelle Rodriguez) est morte. C'est ballot, mais si vous avez lu attentivement le paragraphe précédent, vous ne devriez pas trop vous en faire. Cependant, Dom Toretto y croit lui, et il est furax (c'est à dire qu'il serre très fort la mâchoire), et il rentre à L.A., suit la piste du tueur, croise la route de Paul Walker, et c'est reparti pour une infiltration dans un gang de trafiquants de drogue, des courses en veux-tu en voilà, des sales gueules, toujours des nénettes en short taille basse qui se trémoussent (n'oublions pas tout de même l'ADN de la série) et Gal Gadot qui fait son apparition en tant que bras droit du méchant. Bien qu'il inaugure le début de la démesure, cet épisode demeure assez faible, la faute à des courses de bagnoles dans des tunnels cachés et interminables qui permettent de passer en Go Fast des Etats-Unis au Mexique sans se faire repérer par les douanes. C'est nul, c'est invraisemblable, c'est mal gaulé, et là encore, les effets spéciaux sont pitoyables. Mais ça n'empêchera pas l'épisode de rapporter 363 millions de dollars au box office mondial, soit le plus gros score atteint par la franchise à ce moment là. Cela conforte Justin Lin dans son rôle de réalisateur, et cela conforte les scénariste dans leur choix du bigger, louder, faster. A la fin de l'épisode, Dom Toretto est dans un bus direction la prison pour tirer 25 ans, mais sa sœur (Jordana Brewster) et Paul Walker semblent décidés à le sortir de là.

Allez, on se retrouve pour l'épisode V...

mercredi 5 novembre 2025

Fast and Furious : Tokyo Drift

 



2006
Justin Lin
Avec : Lucas Black, Nathalie Kelley, Sung Kang

Changement de décor, changement de personnages. Peut-être que les producteurs ont eu comme idée de faire une série de films non reliés les uns aux autres, mais tous centrés sur l'univers des courses de bagnoles? En tout cas le changement fait du bien. Le héros (Lucas Black) est un peu moins bourrin que les bad boys des films précédents, mais pas forcément plus expressif. La délocalisation à Tokyo permet de montrer le décalage avec nos us et coutumes occidentaux. Ici le maître mot est le drift, il ne s'agit pas forcément d'être le plus rapide, mais d'être capable de faire glisser sa voiture avec élégance dans les virages sans toucher les obstacles. Notre héros doit apprendre ça à la dure pour devenir le nouveau D.K (non pas Dark Knight, mais Drift King). Egalement, en 2006, personne n'a de smartphones dans le monde, mais on veut nous montrer l'avance technologique du Japon de l'époque : on voit plein de spectateurs filmer les courses avec leurs téléphones à clapet, chose assez peu répandue à l'époque chez nous. Je ne pense pas que filmer une course de nuit avec un téléphone de 2006 donne un résultat très probant mais passons.

Bien sûr, le scénario ne vole pas bien haut, chaque conflit se règle par une course de bagnole, y'a du Yakuza en veux-tu en voilà, les donzelles japonaises en petites jupettes se pâment exactement comme les californiennes devant des moteurs tunés, et au final on ne retire pas grand chose de cette escapade nippone. Mais il y a quelques petits moments à part, comme cette balade romantique en voiture entre le héros et Natalie Kelley dans les routes sinueuses d'une montagne. Plusieurs voitures se suivent, sans aller trop vite, et driftent quasiment de concert, comme un ballet, comme une jolie vague qui épouserait la route. Il y a aussi le personnage de Han (Sung Kang), énigmatique et posé, qui donne un peu de profondeur à la chose. Il meurt à la fin, mais ne vous inquiétez pas, il reviendra.

Justin Lin signe ici son premier film de la franchise, et il en réalisera beaucoup d'autres. A la fin on a droit à un caméo de Vin Diesel, qui semblait connaître Han. En saura-t-on plus sur leur relation? Pour l'heure, cette apparition inopinée sert surtout à marquer le retour à la réalité de l'acteur et à annoncer son come-back dans la série, qui va enfin pouvoir se mettre sur les rails du bigger, faster, louder qu'elle ne quittera plus ensuite.



mardi 4 novembre 2025

2 fast 2 furious


2003
John Singleton
Avec : Paul Walker, Tyrese Gibson, Eva Mendes, Chris Bridge

A cette époque, Vin Diesel a pris la grosse tête et décidé qu'il voulait faire des films sérieux et ne pas être associé à une franchise quelconque. Il refuse donc de participer au deuxième Fast and Furious. Avec le recul c'est assez savoureux puisque aujourd'hui, l'acteur est exclusivement identifié à la "saga" Fast and Furious et que tout le monde a peu ou prou oublié le reste de sa filmographie. 

Mais les producteurs ne se laissent pas démonter, font rempiler Paul Walker, lui adjoignent un side-kick (Tyrese Gibson) beaucoup moins ténébreux que Vin Diesel, et c'est reparti pour les mêmes recettes, les mêmes pépettes qui se trémoussent, les mêmes crissements de pneu, les mêmes gimmicks. L'intrigue repose à nouveau sur une infiltration dans un gang, mais là où le premier film jouait assez habilement sur l'ambivalence du personnage de Vin Diesel, ici les frontières entre les méchants et les gentils sont très nettement marquées. Certes les gentils sont un peu bad boys sur les bords, mais les méchants sont des trafiquants cruels qui peuvent employer la torture pour arriver à leurs fins. Du coup, pas trop de surprises ni de suspense, c'est plein de courses de bagnoles immondes, l'intrigue est linéaire et sans accrocs, les cascades restent dans le domaine du plausible et tout est bien qui finit bien. Il faudra quand même m'expliquer combien de vitesses ils ont sur leurs voitures, à chaque fois qu'il sont en courses, ils passent leurs temps à passer le rapport supérieur pour rythmer l'action et bien montrer que c'est le pilote qui fait la course et pas seulement le bolide. Mais sérieux, ils passent tellement souvent la vitesse supérieure qu'on finit par se demander si les mecs réfléchissent quand ils tournent ce genre de films.

Eva Mendes est la bombe de service, et curieusement on ne la reverra pas dans la "saga", au contraire de Tyrese Gibson et Chris Bridge qui ne devaient pas se douter à cette époque qu'ils auraient un rôle récurrent dans l'une des franchises les plus profitables du cinéma hollywoodien. Surtout Chris Bridge qui a ici un rôle relativement mineur et qui ne fait pas particulièrement d'étincelles. Tyrese Gibson, lui, est le mec sympa, cool, impulsif, musclé. Paul Walker s'essaie à la nonchalance dans un bermuda trop grand. A aucun moment on ne sent ces deux là particulièrement inquiets d'être infiltrés chez des tueurs, tout ça n'est qu'une vaste cour de récréation où l'on peut faire des tonneaux à 200 à l'heure sans jamais être sérieusement blessés. Bref, c'est vain, un brin longuet, et aussi débile que cette idée que j'ai eu de regarder tous ces films à la suite. 

Malgré l'absence de Vin Diesel, ce film rapportera plus d'argent que le premier, ce qui fait qu'un troisième opus fut mis en chantier. Allez, c'est parti! Fous le contact! Franchement s'ils pouvaient sortir un film dans la franchise qui s'intitulerait Fast and Furious : full contact, au moins ce serait marrant. Mais ne rêvons pas...

dimanche 2 novembre 2025

The Fast and the Furious


The fast and the furious
2001
Rob Cohen
Avec: Vin Diesel, Paul Walker, Michelle Rodriguez, Jordana Brewster

Ayant fait récemment un aller-retour transatlantique en avion, j'ai eu le temps de regarder 28 ans plus tard (pas si mal), West Side Story (pas vu l'intérêt par rapport à l'original), 5 minutes du dernier Bridget Jones (pas tenu plus longtemps), 40 minutes du Deadpool/Wolverine (dont l'humour ironique auto-centré lasse vite) et une petite heure de Fast and Furious 9. Et là je me suis rendu compte que j'avais un curieux attachement pour cette franchise boiteuse, mais que j'étais incapable de dire pourquoi, ni qui est quoi dedans, et que à part les 7 et 8 (à moins que ce ne soit les 6 et 7), je n'en avais vu aucun en entier. Je me suis donc décidé à corriger ce manque criant, et quitte à perdre son temps, autant en profiter pour réécrire un peu sur ce blog, même si on est très loin ici du western.

Alors bien sûr, mieux vaut commencer par le premier. Celui-ci je ne l'avais jamais vu jusqu'au bout, et je me suis bien vite rappelé pourquoi : caisses rutilantes et courses de rues, vroom vroom et pépettes bien gaulées qui sont toutes en extase devant les mécaniques et la testostérone des mâles alpha. "Ça sent la morue ici" dit Michelle Rodriguez à deux blondasses qui sont en train de tourner autour de son musculeux Vin Diesel. Mais elle a pourtant exactement le même look de pétasse qu'elles, encore très loin de la beauté de femme d'action qu'elle aura vingt ans plus tard. "Tu es mon trophée" lui dit Vin, comme une évidence quand il gagne la course. J'espère que ce n'est pas un documentaire. J'espère vraiment que dans la vraie vie des courses de rue à L.A., il n'y a pas autant de femmes à se trémousser pour admirer des mecs se jauger à coup de moteurs à injection à azote liquide.  Honnêtement j'ai hâte qu'on passe rapidement au mode Mission Impossible on Wheels qui caractérise les derniers films, parce que les gangs de rue, les CGI pour montrer la mécanique de l'intérieur du moteur qui s'emballe et les flammes qui sortent des quadruples pots d'échappement, la musique urbaine permanente et les pectoraux bodybuildés des caïds de rue, ça va cinq minutes. 

Les bagnoles sont absolument hideuses, mais chacun ses goûts, pour ma part je crois que je préfère encore conduire un Fiat Multipla. Cependant, l'intérêt de ce premier opus par rapport à la future tendance "Mission Impossible on Wheels" citée précédemment, c'est que le scénario à base de flic infiltré dans un gang reste très lisible (encore que très banal) et que les cascades en bagnole demeurent très crédibles, parce que plus simples et plus réelles. Paul Walker qui vient sauver Matt Schulze sur un camion en pleine course dans le premier film, ça a finalement plus d'impact que Vin Diesel qui sauve Michelle Rodriguez d'une chute de 100 mètres avec le capot de sa bagnole dans le neuvième chapitre de la "saga". On note quand même le ridicule de ce gimmick d'avoir toujours un petit bouton dans sa bagnole pour donner un coup de boost supplémentaire au moteur dans les 100 derniers mètres de la course. Ça me rappelle le bouton "turbo" sur le tout premier Amstrad de la famille, ça ne servait à rien, mais c'était cool. Autre gimmick déjà bien en place d'ailleurs, la notion de famille dans ce film est à comprendre dans le sens de tribu hétéroclite de potes qui boivent de la Corona autour d'un barbecue allumé dans un gros bidon rouillé. Mais on en reparlera, si j'arrive à supporter les deux ou trois films suivants.


dimanche 17 janvier 2021

Westworld Saison 3


 

La saison 3 de la série Westworld nous montre enfin le monde extérieur, un monde futuriste froid et aseptisé loin des majestueux paysages de western des saisons 1 et 2. D'un côté, ce changement de décor nous fait gagner en intérêt et en intensité, dans la mesure où la saison 2 tournait largement en rond dans le parc, d'un autre côté on perd la légère originalité de la série pour se retrouver dans une intrigue de science fiction beaucoup plus classique avec des réplicants hôtes face à des humains.

A vrai dire cela fonctionne plutôt bien, surtout après l'ennui poli ressenti tout au long de la saison 2. L'originalité de l'histoire consiste à révéler que, tout comme les hôtes qui hantaient le parc de Westworld, les humains qui peuplent le monde réel n'ont aucun libre arbitre, contrôlés qu'ils sont par une IA en forme de boule rougeoyante qui analyse, probabilise et modélise leurs destinées à grand renfort d'algorithmes. La référence aux réseaux sociaux actuels et aux méthodes marketing destinées à moduler nos subconscients en acheteurs compulsifs est bien sûr transparente. 


 

L'IA en question a été inventée par un certain Enguerrand Serac (joué par un Vincent Cassel plutôt bon), à moins que Serac ne soit qu'un avatar de ladite IA, ce n'est pas très clair au final. Cette IA prend soin d'éliminer tous les humains qui ne rentrent pas dans sa modélisation, psychopathes, poètes et autres gauchistes. L'hôte joué par Evan Rachel Wood, qui était une jeune femme sensible dans la saison 1 est désormais une blonde platine fatale de type Terminatrice, les yeux fixes, déterminée à utiliser l'IA pour libérer l'humanité, à moins que ce soit pour la détruire, son but étant volontairement flou jusqu'à la fin. 

Hop, ça ne manque pas d'action, on ne cherche pas sans arrêt à nous retourner les situations avec des twists à n'en plus finir et ma foi, sans que ce soit la série du siècle, on a réussi pendant ces huit épisodes à ne plus penser aux affres angoissantes de notre époque (au moment où j'écris ces lignes: le Covid et Trump). C'est déjà ça de pris. Certaines sous intrigues ne semblent pas résolues et on n'est donc pas à l'abri d'une saison 4. On verra bien ce que ça nous réserve.



dimanche 6 septembre 2015

Drive


Drive
2011
Nicolas Winding Refn
Avec: Ryan Gosling

Comme la cavalerie, j'arrive quatre ans après la bataille sur ce film. Vous vous en souvenez peut-être, il y avait comme un bourdonnement à l'époque de sa sortie, c'était le genre de film dont on nous dit "C'est bizarre comme film, mais franchement, c'est pas mal", que l'on traduit en général par: "Le réalisateur a embrassé un certain nombre de partis-pris esthétiques pas très mainstream, mais il a quand même mis une bonne dose de violence ou de sexe pour qu'on trouve ça bien". Normalement, j'attends quatre ans avant de me décider à regarder ce type de film, et parfois, comme dans le cas présent, la distance temporelle permet d'apprécier rétrospectivement certaines évolutions du quotidien. 
Notamment, je comprends mieux aujourd'hui pourquoi certains conducteurs de Golf démarrent pied au plancher au feu vert, avec un flegme insupportable, pour se rabattre comme des merdes à 70 km/h sur la file de droite de la rocade, après avoir séché ma Clio 1.2 RTE sur place. Rebelote au péage de l'autoroute A83, dès la barrière levée ils accélèrent le plus rapidement possible, tout en mâchouillant quelque chose d'indéfinissable, avant d'être brutalement rappelés à l'ordre par leur limiteur de vitesse calé à 138 km/h, 4 km/h au dessus de la limite pour compenser l'imprécision de leur compteur, auxquels ils ajoutent 4 km/h pour prendre en compte les 5 km/h de l'incertitude des radars de la Gendarmerie. Le lecteur toujours attentif à ce stade notera que ces conducteurs de Golf pourraient donc régler leur limiteur à 139 km/h, mais, rebelles sans l'être vraiment, ils se gardent une marge de confort pour pouvoir écouter tranquillement "You're a real hero" sur leur autoradio de marque JVC, le regard mutique mais les gestes précis.
Je ne peux pas dire précisément si j'ai aimé le film ou pas. Le héros, quoique ténébreux à la mode spaghetti, manque de carrure et de crédibilité. Son attitude taciturne semble plus liée à une anomalie chromosomique qu'à une réelle prise de hauteur sur le monde réel. L’héroïne nous fait des petits regards meugnons, elle a une coupe moderne et elle est sexy sans être trop sexe, belle tout en restant girl next door, pour que tout héros réel normalement constitué ait envie de se la culbuter au ralenti sur la table de la cuisine tout en voulant la protéger pour toujours de ces méchants mafiosi issus du cinéma américain des années 70. Notre héros se sent protecteur, mais sans raison identifiée autre que l'anomalie chromosomique précédemment sus-citée, il ne baise pas, sauf si j'ai loupé la scène de sexe au moment où je suis allé me chercher un yaourt dans le frigo. En tout cas, c'est décevant, pas que je sois friand des habituelles scènes de sexe que le cinéma hollywoodien nous ressort ad nauseam, mais je me disais que dans ce film peut être, on pourrait avoir un début de scène intéressante. Mais non, pas de sexe, c'est sale et ce n'est pas bien. Montrer un mec qui plante une fourchette dans la gueule d'un type comme dans les Affranchis, ça ne pose pas de problème. Montrer un gars qui coupe une artère d'un autre gars en le rassurant pendant qu'il meurt, c'est pas grave. Montrer le héros qui pulvérise le crâne d'un méchant dans un ascenseur, ça ne gêne aucun censeur! Mais montrer un bout de téton dans un film, c'est tout simplement impensable! Mais ça, on a tellement l'habitude, cette hypocrisie versus cette violence acharnée, qu'on finit par ne plus faire attention. 
La scène de l’ascenseur, c'est une des presque belles scènes du film. Le héros descend au sous-sol avec sa girl next door. Il y a aussi un méchant dans l'ascenseur. Notre héros prend le temps de longuement embrasser la fille. Le mec le laisse faire. J'ai trouvé ça génial, quelque soit l'interprétation que l'on donne au truc. On peut y voir une invraisemblance assumée, une ellipse temporelle pendant laquelle le héros crie "pouce", on peut y voir un méchant qui aurait le sens de l'honneur, quelque chose qu'on ne voit plus au cinéma, comme le général Santa Anna qui laisse partir femmes et enfants de fort Alamo, sans massacrer, ni violer, ni empaler, ni écorcher personne. Cette bonté d'âme est devenue impossible chez un méchant aujourd'hui. Hitchcock a déclaré un jour qu'il n'y avait pas de film réussi sans méchant réussi. Il aurait mieux fait de se taire, parce que tout le monde a cru que cela voulait dire un méchant vraiment méchant, forcément inhumain. Dans GoT (si vous ne savez pas ce que j'entends par GoT, vous venez d'une autre planète), Sansa passe d'un mari cruel et totalement barge à un autre mari cruel et totalement barge. La liste des horreurs qu'ils font subir aux autres, leur absence totale de pitié envers quiconque, en font des personnages creux, vides de substance, qui terrifient le spectateur de façon mécanique, comme un banal sursaut dans un film d'horreur. Totalement étranger à un Liberty Valance ou à un Frank, le méchant actuel est forcément psychopathe, de la trempe d'un John Doe ou d'un Anton Chigurh, fêlé mais sans âme, sans une once de conscience, toujours dans la surenchère, faisant passer Hans Gruber, Dark Vador et Roy Batty pour des petits caïds de quartier. 
J'ai cru que c'était le contraire le méchant dans l'ascenseur de Drive, j'ai cru qu'il laissait le temps au héros d'embrasser sa nana avant de lui faire la peau, j'ai cru qu'il lui accordait sa dernière requête de condamné, comme un méchant qui aurait du respect pour son adversaire, un méchant qui respecterait un certain code d'honneur, un méchant pas 100% méchant quoi, mais ça, ça n'intéresse plus personne. Aujourd'hui, le méchant ne doit respecter aucune trêve, décapiter les émissaires, trahir ses promesses, brûler le drapeau blanc, tuer pour le plaisir et torturer dès qu'il s'ennuie, parce que brrr, le méchant doit être très très méchant, et à force d'être très très méchant, il en devient complètement raté. 
En l’occurrence, dans cette scène de l'ascenseur, cette interprétation ne tient pas, le regard étonné qu'il jette au héros avant que celui-ci lui marave la gueule nous indique qu'il est juste con et qu'il n'avait pas remarqué que le héros l'avait repéré. Et c'est au tour de notre héros de devenir très très méchant. Il ne lui fout pas juste un pain pour pouvoir le ligoter et le laisser dans un placard, non, il lui défonce vraiment la tronche à coup de pied, jusqu'à ce que, je présume, la gueule du type soit réduite en bouillie. Il frappe à n'en plus finir, il frappe tellement fort qu'à un moment il y a un bout de truc qui saute, un bout d'os, pas une dent, plutôt une mandibule ou un bout d'arcade sourcilière, on ne peut pas savoir, mais on comprend à ce moment que le type est perdu, le héros lui a aplati la boite crânienne comme une vulgaire boîte d’œufs. Ce bout de mandibule qui virevolte, m'a évidemment mis cette scène en horreur, pas seulement parce que je doute, aussi fort que l'on veuille fracasser un type, qu'on arrive à faire virevolter des bouts aussi facilement que ça, pas seulement parce que cette abjection est là pour donner du frisson aux pré-pubères avides de sensations fortes qui se pâment devant n'importe quelle scène pourvu qu'elle soit craspec, mais surtout parce que le réalisateur suit une mode à la con, parce qu'un type ne peut plus être violent sans être hyper violent, parce que cette mandibule fout en l'air une scène qui promettait d'être très belle. Cette scène résume en fait ce que je pense du film, une suite de bonnes scènes gâchées par une trop grande porosité aux tics cinématographiques du moment, des bonnes idées gâchées par un réalisateur qui se regarde le nombril et qui nous prend pour témoins, des ralentis en veux tu en voilà, une tonalité de couleur rétro, des références à la pelle sans une once d'humour, une histoire racontée platement, sans compassion ni amour pour ses personnages. 
Et c'est dommage, parce que je suis bon public, j'aime bien les histoires de mecs qui maravent tous les méchants pour sauver une fille, j'aime bien les types taciturnes qu'il ne faut pas trop énerver, j'aime bien les scènes d'action et les films de genre, mais là je suis pas rentré dedans, tout simplement parce que le réalisateur n'était pas rentré dedans non plus, trop occupé qu'il était à choisir les bonnes chansons pour ses scènes clés, trop occupé qu'il était à choisir le bon blouson pour son acteur, trop occupé qu'il était à choisir le bon filtre pour sa caméra et le bon bout de mandibule à faire sauter. Par contre, la psychologie, l'amour, le caractère de ses personnages, il a choisi de torcher ça par quelques sourires entendus, quelques phrases anecdotiques, sans nous ouvrir la moindre porte pour nous permettre d'accéder à leur humanité. Et c'est bien dommage.  

vendredi 28 août 2015

La Nuit du carrefour



La Nuit du carrefour
1932
Jean Renoir
Avec: Pierre Renoir

En général, quand on pense au Commissaire Maigret, on se représente un homme assez massif, assez âgé, évoluant dans une France des années 50, comme vous pourrez la voir dans Maigret et l'affaire Saint-Fiacre (1959) avec Jean Gabin, ou encore dans l'excellent Maigret tend un piège (1958, toujours avec Gabin, qui distille une atmosphère oppressante pendant toute la durée du film). Mais Maigret n'est pas ancré dans l'après-guerre, il ne faut pas oublier que les quinze premiers Maigret furent publiés par Simenon dans les années 30, portés par un Maigret entre deux âges et pas si proche de la retraite que ça.
La Nuit du carrefour fait partie de ce lot là, avec le très connu Chien jaune, et ce qui frappe à la lecture de ces romans, c'est leur intemporalité. Il faut les chercher les indices qui rattachent l'intrigue à son époque, car quand on ne s'y connait guère en modèles de voiture, ils ne pullulent pas. Les bagnoles sont bien là, le téléphone aussi, on trouve déjà du trafic de drogue même si le mot dealer n'existe pas, et tout l'ensemble pourrait aussi bien se passer dans les années 80.
Bien sûr, quand on regarde l'adaptation qu'en a faite Jean Renoir en 1932, c'est l'inverse qui frappe: les chevaux aux labours, les motos qui ont des roues à rayons, les automobiles carrées et les pompes à essence manuelles, droites et immenses, la maison sans électricité et les routes sans marquages. Renoir, grand admirateur de Simenon, fut l'un des premiers à adapter un Maigret pour le cinéma. Les adaptations ne seront pas très nombreuses par la suite, Maigret, peu spectaculaire, semblant bien plus à l'aise dans le format télévisé. Quoi qu'il en soit, Renoir fait une adaptation fidèle du roman, quoique probablement incompréhensible pour ceux n'ayant pas lu le roman , en insistant bien sur l'aspect lugubre des lieux (un carrefour en pleine campagne avec tout juste trois maisons), la boue et le brouillard, la nuit et la pluie, les pièces enfumées. Renoir filme la nuit et la maison ancienne comme des lieux fantasmatiques qui seraient remplis de fantômes et d'objets incongrus, tout en respectant le contrat du film noir, avec sa came, ses truands et sa femme fatale. Le film est relativement jeune dans l'histoire du parlant, et la bande son souffre de nombreuses imperfections, des faux raccords, ou plutôt des absences de raccords quand un personnage passe d'une pièce à une autre. Mais Renoir sait malgré tout jouer avec le son, le bruit des automobiles qui passent est très marqué, et Renoir a l'idée de faire jouer l'un des personnages d'un petit accordéon à plusieurs reprises, comme pour attacher un motif musical au personnage. En dehors de cela, il n'y a pas de musique, ou très peu mais le jeu des acteurs commence assez clairement déjà à se détacher de la grandiloquence du temps du muet. Pierre Renoir, en commissaire Maigret est agréable, sans vraiment marquer. Il lui manque son flegme et son air maussade. La Nuit du carrefour n'est pas un film inoubliable, mais il est un témoignage intéressant de l'évolution du cinéma français, tout autant qu'un témoignage d'un temps disparu. On assiste, vers la fin, à une course poursuite en voiture, de nuit, à travers des petits villages. L'image est abimée, et les phares éclairent mal, on aperçoit par flashs, des images de la France des années 30, comme des fantômes de villages endormis pour toujours. Tout ceci me fait penser par ailleurs à Gas-oil, un film de 1955 avec Jean Gabin, autrement plus lumineux, que j'ai vu récemment. Gabin joue un camionneur aux prises avec des truands, ce qui permet d'admirer toute une floppée de camions de l'époque, une France de petites routes sinueuses, on y voit par exemple le passage de la Marne à Charenton qui a bien changé depuis, des bistros avec des sandwiches à l'andouillette et des flippers d'un autre âge. On y voit aussi Roger Hanin jeune, et Jeanne Moreau belle comme jamais. On est vingt ans après La Nuit du carrefour, la technique a beaucoup évolué, la bande son aussi. Roger Hanin se retrouve dans une voiture qui roule, coincée par des camions, avec quelques cadrages qui préfigurent le futur Duel de Steven Spielberg. 
Quelques films à voir donc, pour ne pas oublier d'où on vient, et d'où vient le cinéma qu'on peut voir tous les jours.



samedi 8 février 2014

Croix de fer




Cross of Iron
1977
Sam Peckinpah
Avec : James Coburn

Je me souviens de la déception éprouvée en découvrant ce chef d’œuvre de Sam Peckinpah. Je me souviens que cette déception était du même ordre que celle endurée lors de la Horde Sauvage. La violence chez Peckinpah n’est jamais divertissante. On vient voir un film de guerre avec tout plein de morts qui voltigent dans les airs, des ralentis du feu de dieu, des mitraillages dans tous les sens. Et c’est exactement ce qu’on obtient, mais on n’éprouve pas de plaisir comme on en éprouve quand les aigles attaquent. Je me souviens de cette amertume, de ce sourire désabusé d’un James Coburn vieilli, parfaitement fondu dans des fonds verdâtres. Je  me souviens aussi d’avoir vu ce film après Il Faut Sauver Le Soldat Ryan, et je me souviens avoir trouvé que le film avait vieilli, que les scènes de combat manquaient d’intensité, pas aidées sans doute par le manque de moyens de Peckinpah à l’époque. Je me souviens avoir parlé d'Il Faut Sauver Le Soldat Ryan à un ami allemand. Dubitatif il était. « Oui, j’imagine que dans ce film les allemands sont grands, blonds et très cruels » me dit-il alors en substance. Je lui répondis que non, le traitement me semblait très équilibré, que le film s’appliquait juste à montrer que la guerre est une saloperie sans nom qui fait ressortir le pire de l’être humain, et parfois le meilleur. J’espère que mon ami allemand – que j’ai malheureusement quelque peu perdu de vue – a vu Cross Of Iron, qui montre avec éclat que la guerre ne fait ressortir que le pire chez l’être humain, que ce soit côté Axe ou côté Alliés. Je me souviens que Les Sentiers de la Gloire traitait de la même chose, des types normaux broyés par la stupidité de l’état-major. Je me souviens de Full Metal Jacket, et du sourire de dément de Baleine, et je me souviens d'Outrages, qui montre aussi des types normaux qui n’auraient jamais violé personne dans le civil, mais que la guerre ramène joyeusement à leur instinct primaire. Je me souviens de Iwo Jima et ces soldats japonais qui se font Hara Kiri à la grenade. Et je me souviens de ce type qui tombe, chevauchant une bombe H, image à jamais gravé dans la rétine de mes huit ans. Comme dirait Jodorowsky, je me souviens…

samedi 3 octobre 2009

Six feet under


J’en ai fini avec Six Feet Under, cette série incroyable, capable d’être chiante au possible pendant huit épisodes d’affilé d’ennui sophistiqué et de délires incompréhensibles pour vous balancer le plus grand choc émotionnel télévisuel de votre vie, comme ça, l’air de rien, sans artifice, sans ficelles et sans filet, capable de vous faire rire avec le malheur de ses personnages et de vous faire flipper votre ouf la seconde d’après avec une situation a priori normale. Les personnages tous plus timbrés les uns que les autres s’attachent à vous plutôt que vous à eux, ils ne vous quittent plus avec leurs névroses tour à tour ridicules ou effrayantes. Car la force de la série, c’est de présenter tous les personnages, absolument tous, comme de véritables êtres humains avec leurs faiblesses si subtilement décrites que vous êtes incapables d’éprouver une vraie et réconfortante sympathie pour aucun d’entre eux, tant ils sont tous susceptibles de péter un câble à n’importe quel moment.
Et vous vous retrouvez comme un con orphelin à la fin de ce fabuleux ultime épisode de la saison cinq, triste de voir partir ces personnages que vous aviez pourtant parfois cordialement détestés auparavant, et vous vous rendez compte alors qu'il s'agit sans doute de la meilleure série que vous ayez jamais vue.