Affichage des articles dont le libellé est Charles Bronson. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Charles Bronson. Afficher tous les articles

dimanche 8 novembre 2015

Les Sept Mercenaires


Il y avait longtemps que je n'avais pas revu cet incontournable western américain, mais c'est comme si je l'avais vu hier. Je me rends compte que chaque plan du film est à ce point gravé dans ma mémoire que quand je le revois, je suis incapable de prendre du recul sur le film. Il s'ensuit que Les Sept Mercenaires n'est pas pour moi un film que l'on juge, c'est devenu, comme pour les contes, une sorte d'acquis culturel  au même titre que Pierre et le Loup ou Le Renard et Le Corbeau. Une oeuvre qui est si universelle qu'on ne la remet pas en question. Qui s'amuserait à faire une critique en bonne et due forme du Petit Chaperon Rouge? Qui va pointer le simplisme des caractères des héros des Trois petits Cochons? Qui fera remarquer que les moments d'introspection sont artificiels dans Le Petit Poucet? Les Sept Mercenaires se trouvent là, bien installés le cul sur leur piédestal d'oeuvre populaire indépassable, si linéaire et efficace qu'on n'en voit pas les baisses de rythme, ni les incohérences, ni les facilités. Non vraiment, ne comptez pas sur moi pour dire du mal de ce western brillant, archétypal, inévitable et super chouette. Yul, Charles, Steve et James, et Eli, bien sûr, Eli, qu'on a toujours plaisir à revoir tous, même pour la millième fois, la musique qu'on a toujours plaisir à entendre, les scènes d'introduction, le laïus sur le courage asséné par Bronson aux gamins, tout est bon, tout est toujours là où on l'avait laissé la dernière fois. Les Sept Mercenaires, ça fait partie de la famille, c'est comme un meuble qu'on voit sans y faire attention. Ils sont là comme une évidence, et puis c'est tout! 

dimanche 4 mars 2012

Vera Cruz

1954
Robert Aldrich
Avec : Burt Lancaster, Gary Cooper, Denise Darcel, Cesar Romero, Sarita Montiel, Jack Elam, Charles Bronson, Ernest Borgnine


La luxuriance iconographique du forum Western Movies me gave un peu en général, tant elle ralentit la lecture, le temps que toutes les images se chargent. Cependant, cela donne une richesse incontestable au forum. Présentement, il y a danger en la matière, la plupart des images risquent de disparaître car ImageShack qui héberge la plupart des images des membres vient de limiter leur nombre à 500 par compte.

Un petit hommage par le biais du classique Vera Cruz que je viens de revoir. Si les images disparaissent en avril, vous saurez pourquoi.


Gary Cooper, pourtant plus très jeune, parvient malgré tout à s'amouracher plus ou moins d'une jeune latino (Sarita Montiel). C'est bien arrivé pour de vrai à Michael Douglas!


Viva la revolucion! Le chef des révolutionnaires avec son poncho sur le coté. Les deux aventuriers occidentaux bien sapés. Le méchant type marquis français avec son chapeau ridicule et le mexicano caricatural avec sa guitare en arrière plan. On peut lire partout que Vera Cruz est précurseur du western spaghetti. Bon, c'est pas non plus flagrant sur tous les plans hein...


Le sourire de Burt Lancaster. Impossible de trouver une caricature de l'acteur qui ne joue pas là-dessus. Et pourtant, on a beau vouloir minimiser l'éclat de cette dentition, il est indéniable qu'elle joue beaucoup dans la séduction du personnage.



Mais il n'y a pas que les dents. Il y a la prestance, la ligne, la souplesse féline, la vestimentation, l'attitude. Dans ce film, Gary Cooper n'est que Gary Cooper. Burt Lancaster lui vole la vedette et rayonne durant tout le film!


Denise Darcel, pourtant pas si canon que ça. On se demande au final pourquoi elle fait tant d'effet à tout le monde dans le film. Ah oui, mais non, en fait tout le monde fait semblant et n'est intéressé que par l'or. Précurseur du western italien qu'on vous dit!


Précurseur, morbleu!


Précurseur, il va falloir le dire combien de fois! A moins que cette dernière image ne soit mentionnée un peu partout que pour rabaisser le talent de Sergio Leone? N'a-t-il vraiment rien inventé l'italien?


Mais gardons un œil sur les autres seconds rôles: ici Jack Elam.



 Et là, c'est kidon?

mercredi 27 juillet 2011

La bataille de San Sebastian



1968
Henri Verneuil
Avec : Anthony Quinn, Charles Bronson
Un bon souvenir franco-italo-mexicain d’enfance de plus. Ennio Morricone se plagie lui-même, mais qui lui en voudra ? Le générique fait des arrêts sur images foudroyants sur sur des soldats virevoltants dans la mort, en pleine poursuite. Déjà, rien que ça, que demander de plus? Anthony Quinn trouve refuge dans une église, et elle est belle cette église scotchée à ses fondamentaux, l’église des gens d’en bas, la vraie église pauvre, humble et mythique des origines, qui prend la défense du peuple face au pouvoir des politiques, des armes et du grand clergé corrompu et déconnecté du monde. Henri Verneuil flatte les croyants là où ça fait du bien, tout en ne manquant pas de résumer la grande marche politique de la civilisation dans la bouche de Teclo : d’abord une maison, puis deux, puis vient une église, et après elle des soldats, et au bout du compte ils appellent ces terres les leurs et en refoulent les indiens. Le traitement de la religion à l’écran est rarement athée, toujours au mieux consensuel. Si Verneuil démonte la bêtise des miracles, si son héros n’est pas converti à la fin du film et si le réalisateur met l’emphase sur l’action plutôt que sur les pleurnicheries des prières (comme ce bien bon prêtre dans l’Aventure du Poséidon) il accrédite tout de même la force de la foi, il donne corps à une église bonne et soucieuse d’autrui, déconnecté du politique, alors que tout le monde sait que cette église là n’a jamais, ou trop rarement existé. Mais passons.
Verneuil se fait plaisir, et il nous fait plaisir. Il a du pognon (plein de figurants, des explosions, des armes, des décors), il a une excellente histoire (même si elle lorgne du coté des Sept) et il a des stars internationales, Anthony Quinn d’abord, impeccable en bandit au grand cœur, et Charles Bronson ensuite, trop rare (il n’a guère le temps de jouer avec son arc) mais également intéressant par sa révolte de métis éclairé. Et puis Verneuil a la chance d’avoir Morricone qui lui signe une excellente partition qui comme le dit Giré, rajoute du lyrisme à l’affaire. Verneuil est un des réalisateurs avec qui Morricone a bien fonctionné: plusieurs de leurs films (I comme Icare, Le Clan des Siciliens) acquièrent cette consonance particulière où musique et images se complètent et se transcendent. Et si Verneuil ne fait pas atterrir un avion sur une autoroute cette fois-ci, il nous offre une splendide bataille, très bien rythmée et qui n’a pas vieilli d’un poil. On apprécie certains plans, comme ce barrage s’écroulant, cadré entre deux arbres (bien que la surimpression soit devenue trop visible à nos yeux numériques du vingt et unième siècle), ou ces péons qui referment les portes en feu comme un tombé de rideau sur la fameuse bataille. On regrettera juste alors le manque de spécificité du produit, ni latin, ni américain, ni même français. Un pur produit international, sans identité derrière, mais avec tout de même une humanité, un premier degré et un refus de la sophistication qui font parfois défaut aujourd’hui. Mais tout cela reste à voir malgré tout, et cela me donne envie de revoir I comme Icare et Le Clan des Siciliens.
Image: USMC sur Western Movies

samedi 28 août 2010

Soleil Rouge



1971
Terence Young
Avec : Charles Bronson, Toshiro Mifune, Alain Delon, Ursula Andress, Capucine


Multi-diffusé à la télévision, Soleil Rouge est un western de production française, tourné à Almeria, qui, bien que commençant à vieillir, est toujours aussi agréable à regarder. Pourquoi commence-t-il à vieillir ? Parce que certains défauts qui étaient invisibles à l’époque sautent aux yeux aujourd’hui : quelques longueurs dans les pérégrinations du duo de héros, des indiens plus que ridicules, et quelques détails marrants : au début, lorsque Charles Bronson ôte la selle de son cheval, il se prend l’étrier en pleine gueule, mais réussit à faire comme si de rien n’était. A la fin, Alain Delon effectue un saut de trois mètres du haut d’un grenier, se loupe et manque se vautrer, mais rétablit la situation en sauvant la face. Est ce l’ère numérique et ses images ciselées au pixel près qui nous fait voir ce genre de détails qui nous échappaient autrefois ? Verrait-on ce genre de chose dans un film avec un casting aussi prestigieux aujourd’hui ?
Toujours est-il que malgré ces « défauts », le film est très bon, en tout cas bien meilleur que ce que certains affirment. D’une part le duo de stars, Charles Bronson, la star américaine qui avait joué dans Les Sept Mercenaires et Toshiro Mifune, la star japonaise qui avait joué dans Les Sept Samouraï, fait merveille. Mifune, stoïque, rigide et implacable en samouraï vole même la vedette à Charles Bronson, sympa et un brin cabot. Ensuite Alain Delon est bien moins mauvais que ce qu’on peut lire un peu partout, y compris chez Giré. Delon est beau, il interprète un bandit un peu dandy, un peu loubard, et il réussit à être un peu inquiétant et crédible. Sa tenue « de prisunic » comme dit Giré, peut faire sourire, mais on peut l’interpréter comme la tenue maladroitement chic d’une gouape qui veut paraître civilisée et qui se serait acheté un beau costume de cow-boy rutilant, et il n’est pas loin en ce sens de la classe des héros de western des thirties et de leur élégance ridicule. Ursula Andress fait le minimum, montre ses jambes et gueule sur Bronson, puis vingt minutes plus tard montre ses seins et gueule encore sur Bronson. On préfère à la rigueur le court rôle de Capucine (qui jouait dans la Panthère Rose) et qui en fait moins. Les fans de cinéma européens se régaleront à reconnaître les seconds couteaux, pour ma part je n’ai reconnu que Luc Merenda qui joue le (faux) berger lors de l’attaque du train.
Le final dans les roseaux m’a rappelé un film Japonais intitulé Onibaba (1964) et qui se déroule intégralement dans les roseaux, où le bruit du vent permanent hypnotise et rend fou. Hommage ou pas à ce film, je ne sais pas, mais ce qui est sûr c’est que Soleil Rouge a été conçu pour réussir au Japon, en rendant hommage sans mépris à ses traditions et en castant l’un de ses acteurs les plus prestigieux (Toshiro Mifune) et l’acteur étranger le plus populaire là bas (Alain Delon). Le film fit en tout cas, beaucoup d’entrées en Europe, et je garde pour ma part beaucoup de tendresse pour ce film, ses gags (le moustique), ses coups de katana sanglants et le charisme des deux acteurs principaux.

PS: bien que les puristes risquent de m'écharper, je classe ce western dans 'western spaghetti', faute de mieux.

Où le voir: à la télé.

Image: Metek sur Western Movies

samedi 23 juin 2007

Chasse à mort



Rambo, c’est rien qu’une lopette…

Death Hunt
Peter R. Hunt
1981
Avec: Charles Bronson, Lee Marvin, Carl Weathers, Angie Dickinson

Attention, spoilers
Albert Johnson (Charles Bronson) aime bien les chiens. Il sauve un beau toutou blanc de la mort lors d’un combat de chiens et le rachète à son propriétaire (Ed Lauter). Mais ce cupide rustre prétend bientôt que Johnson lui a volé son chien, et il part monter une petite expédition punitive avec quelques potes. Charles Bronson étant Charles Bronson, ça tourne assez mal et il y a bientôt un mort dans l’histoire, plus le chien. De son coté, le Sergent Edgar Millen (Lee Marvin) de la police montée aurait bien voulu rester peinard à ne rien faire, mais maintenant qu’il y a un mort, il est obligé de se bouger. La chasse à l’homme commence donc, et comme on est en plein Yukon par ce bel hiver de 1931, ça complique un peu les choses…
Chasse à mort raconte l’histoire de deux hommes, deux vrais, parmi les derniers d’une génération, qui s’affrontent et s’estiment. Charles Bronson, vieilli, pourchassé dans la rigueur de l’hiver Canadien fait passer Rambo pour un chasseur du dimanche. Il a le même type de marginalité, il sait aussi réserver quelques coups fourrés à ses poursuivants, on finit également par apprendre qu’il a un solide passé militaire qui le rend plus ou moins invulnérable, mais il n’a pas un M60 pour tirer dans le tas comme cette femmelette de Stallone ! Impossible de ne pas penser au film de Ted Kotcheff, pourtant réalisé un an plus tard, d’autant plus que Carl Weathers, figure emblématique de Rocky tient ici un rôle important. Certaines scènes sont identiques ou presque (remplacez l’hélicoptère par un avion), mais dans un décor plus beau, d’autres sont mieux, et aussi dans un décor plus beau. Alors faites votre choix.
Lee Marvin, plus tout à fait jeune non plus, joue son numéro de bourru sympathique et obstiné. Il sourit en observant Bronson de loin aux jumelles, et Bronson lui sourit en retour. Au fond, ces deux là s’adorent et se respectent. Tous les autres, du jeune rookie (Andrew Stevens) qui apprend petit à petit que la police ne fonctionne pas qu’à coup de règlements, aux chasseurs de primes et miliciens de tout poil qui sentent l’odeur de l’argent aussi bien que leurs chiens sentent l’odeur du fuyard, ne sont que des résidus d’humanité qui incarnent la déchéance du progrès dans une nature belle, grandiose et presque encore inviolée. La radio et l’aviation font leur chemin, petit à petit, même dans les contrées aussi reculées que le Yukon, et Bronson et Marvin savent qu’ils n’ont plus leur place ici. La fin de l’histoire - attention au spoiler qui suit - rappellera à ceux qui connaissent, la conclusion du Dernier face à face. Parfois l’homme est confronté à des choix, et préfère faire confiance à l’instinct de justice qui réside dans ses tripes plutôt qu’à la justice plutôt expéditive des hommes.

Les scènes d’action sont bien menées, la musique est haletante et la violence sanguinolente éclate par brefs épisodes sporadiques, il est juste un peu dommage que le tempo ralentisse un petit peu sur la fin. Angie Dickinson a quelque peu vieilli elle aussi depuis l’époque où elle contait fleurette avec le Duke, et surtout dans ce film là, elle ne sert absolument à rien. Elle ne s’en excuse pas et disparaît bien vite pour laisser les mâles assurer le spectacle à coup de dynamite et de canon scié. Qu’on le veuille ou non, c’est là l’essence du western, et c’est pour ça qu’on allume le poste, qu’on glisse le DVD (-R rôooo) dans le lecteur et qu’on monte le son. Et la cerise sur le gâteau, c’est bien sûr une certaine mélancolie qui se dégage des paysages hivernaux, ces hommes tout petits dans le blanc du grand nord, et cette volonté fiévreuse dans le blanc des yeux. On notera aussi les agissements d’un trappeur un peu cinglé qui arrache les dents en or de ses victimes. Je ne dis pas ça pour vous donner envie de voir le film, non, mais si j’étais vous j’essaierai quand même de le trouver. Je remercie d’ailleurs ici le shérif modérateur du forum western movies de m’avoir fait découvert ce petit western qui ne fait ni dans la dentelle, ni dans l’excès, ni dans les sentiments. Simple, droit sur ses raquettes, sans prétention intellectuelle inutile, solide et avec des stars et beaucoup de moyens. Bon comme un bon bol de chocolat, au coin d’une cheminée dans un chalet en rondins, avec le bruit des pas feutrés dans la neige au dehors…