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mardi 22 septembre 2009

Rio Bravo


Rio Bravo
1959
Howard Hawks
Avec : John Wayne, Angie Dickinson, Dan Martin, Walter Brennan, Bob Steele, Ward Bond, John Russel, Yakima Canutt, Gordon Mitchell

On ne présente plus ce film intemporel. Bob Steele joue dedans. Parler de Rio Bravo sans évoquer la prestation remarquée de Bob Steele (non créditée) en Matt Harris, l’un des hommes de main de Burdette revient tout simplement à parler d’Il était une fois dans l’Ouest sans parler de Woody Strode. De même, on ne peut pas passer sous silence les rôles de Ward Bond et de John Russel ; ce serait prouver au monde cinéphilique que l’on est passé complètement à coté de ce chef d’œuvre. A coté de ces acteurs capitaux, les autres bloqués dans la prison avec leur prisonnier ont beau toucher la grâce quand ils se mettent à chanter My rifle my pony and me, tandis que dehors sonne la musique du Deguello d’Alamo, on ne peut plus trouver grand-chose à dire. Le Duke est là bien campé, comme s’il était né pour ce film, s’essayant à la comédie avec Angie Dickinson (en joueuse de carte qui n’use pas beaucoup de son art, mais plutôt de ses autres atouts), Walter Brennan campe Stumpy pour la vie, Dean Martin incarne la rédemption alcoolique pour l’éternité. Bon, tout ça c’est bien, mais si minime à coté des performances de Yakima Canutt (non crédité) en homme à cheval et de Gordon Mitchell (non crédité) en cowboy de saloon, performances qu’il est tout simplement impossible d’ignorer sous peine d’être discrédité à vie ! On dit d’ailleurs que les scènes supprimées de Harry Carey Jr. sont primordiales. Et puis comme dans tout bon western, il y a de la dynamite et de la tension nerveuse avec du sang qui tombe du plafond. Howard Hawks essaiera de nouveau par deux fois d’atteindre cette perfection ultime (El Dorado, Rio Lobo) sans toutefois y arriver tout à fait.
Capture de Bob Steele: Aveleyman.com

mercredi 1 avril 2009

Santa Coglione, sei un figlio di …


Enzo G. Castellari
1976
Avec : Timothy Brent, Georges Eastman

Film méconnu de Castellari car totalement inédit en France et jamais sorti en Italie, ce film se trouve pourtant très facilement en DVD-R (repiqué d’une VHS estonienne avec des sous-titres grecs). Il s’agit, vous l’aurez compris, d’un film dans la lignée des Trinita, avec ses inévitables fayots et ses bastons interminables. Timothy Brent joue le rôle du Trinita de service, à savoir Santa Coglione, paresseux (haa la scène où il préfère aller se coucher plutôt que de se taper la nana amoureuse de ses yeux bleus), crasseux (on retiendra la scène où il donne l’accolade au notable véreux du coin et laisse les marques de ses bras et mains sur le costume blanc du type), extrêmement puant (on se souviendra de la scène où il fait fuir un couple de putois en s’endormant près de leur terrier) mais très bon dans le fond. Georges Eastman joue le Bud Spencer de service, à savoir Pepito Cacca, qui mêle sa pétomanie d’une incontinence de bon aloi permettant une succession de gags de haute tenue : le gag où Pepito Cacca vole les langes d’un nourrisson parce qu’il est pris d’une crise de diarrhée en plein repas gargantuesque, la scène de la baston dans les latrines où Benito Stefanelli se voit recevoir une certaine quantité de rab un rien verdâtre en sus de son lot réglementaire de couleur plus classique et enfin le gag de l’urne mortuaire qui se voit momentanément détournée de ses fonctions. Tout cela serait finalement assez commun, si Castellari n’enrobait son script ciselé d’un certain nombre de scènes énormes qui sont autant d’hommages au genre : la scène où Santa Coglione et Pepito Cacca tentent de parodier la scène des bottes de Et pour quelques dollars de plus alors même qu’ils sont en train de s’enfoncer dans des sables mouvants en est l’exemple le plus significatif, ainsi que la scène où Rick Boyd fait une entrée en scène alla Charles Bronson mais se coince la langue dans son harmonica. Castellari met ses talents de faiseur au service de l’intrigue, avec ses zooms répétés sur le fond de pantalon de Pepito Cacca qui s’alourdit au fur et à mesure de sa marche forcée dans le désert, ses mouvements de caméra audacieux autour des narines ronflantes de Timothy Brent qui s’endort en plein milieu de la baston dans la manufacture de goudron et ce plan séquence extraordinaire dans un saloon où la caméra passe en revue tous les clients du bar qui rotent chacun leur tour de plus en plus bruyamment jusqu’au dernier qui vomit dans le crachoir en commentant la mauvaise qualité du whisky du lieu. La caractérisation des personnages n’est pas en reste, avec ce méchant incroyable (Eduardo Fajardo), cul de jatte installé sur son fauteuil roulant à vapeur avec lanceur de tartes intégré. Bien sûr, c’est Santa Coglione qui est tenu pour responsable de son handicap (un flashback les montre tous les deux, grands amis, courant dans la riante Irlande, se partageant une platée de fayots, puis Eduardo Fajardo glissant sur une peau de banane…) et la quête de vengeance tient lieu de script, pour l’essentiel, avec un final grandiose sur fond de baston dans une manufacture d'édredons. Le film n’est pas au format, les sous-titres grecs sont durs à appréhender, mais ce film est néanmoins un must have, tant il est un fleuron oublié d’un genre décrié.

Capture: European film review

mercredi 29 octobre 2008

Bud Spencer contre...




Je me rends compte que je n'avais jamais récupéré ces strips de mon ancien blog Dvdrama (cliquer sur chaque strip si vous ne parvenez pas à déchiffrer).
C'est nul, mais ça me permet de faire un 200e article à peu de frais, youpi.
Toujours pas de critiques westerns à venir, je viens de commander deux autres polars Millianesques et un tout petit giallo de rien du tout avec un soupçon de Morricone.

lundi 9 juin 2008

Pour une poignée de dollars




Pour une poignée de dollars, on ne sait pas trop ce que c'est, mais c'est surement le budget du film. Ça commence avec une musique stupide avec un type qui siffle et des coups de fouet faits à la bouche, on sent déjà le compositeur obscur qui ne s’est pas trop foulé. Ensuite un cowboy vêtu d’un poncho (ben voyons, pourquoi pas un petit bonnet péruvien pendant qu’on y est ?) se pointe et boit de l’eau du puits. L’acteur au charisme de carpe sibérienne plisse des yeux pour faire style. A partir de là, deux solutions, soit vous maîtrisez l’incontrôlable fou rire qui vous étreint et vous regardez la suite, soit vous rangez cette merde dans sa boite et vous vous remettez Les 100 plus grands fous rires d’animaux qui a au moins le mérite d’essayer d’être drôle au premier degré. Le cowboy, genre grunge pas rasé, descend trois types comme ça, qui se moquaient de sa mule, wahou qu’on se dit, le pays doit pas être très peuplé si tout le monde s’entretue à la moindre moquerie. D’ailleurs le bodycount n’en reste pas là, le réalisateur, qui a du confier le scénario à son petit frère, semble avoir choisi de meubler en tuant le plus de monde possible et en faisant galoper les survivants de droite à gauche et de gauche à droite toujours dans la même vallée. Puis, il se dit que ça va se voir que c’est complètement nul, alors il nous met un passage à tabac dont la fausse intensité et l’exagération achèvent de ridiculiser l’ensemble.


En tout cas c’est ce qu’on croit, car le bougre ne nous a pas encore sorti son ultime botte secrète : le coup de la carapace en métal ! Le cowboy péruvien ayant vraiment décidé de tuer tout le monde (enfin, ceux qui restent, parce qu’entre temps, certains ont décidés de s’entretuer sans lui, c’est pas sympa ça les gars) nous confectionne une carapace en métal de 250 kg aux petits oignons, et il met ça sous son poncho tranquille comme si de rien n’était. Pour être sûrs que le spectateur meurt lui aussi, mais de rire, il balance de la dynamite comme ça, hop boum, pour le simple plaisir de se cacher derrière la fumée. Et ça tombe bien, puisque ce film est une véritable fumisterie, un navet comme on n’en fait plus, un truc qu’on devrait montrer dans toutes les écoles de tennis. Pour parachever l’œuvre, au cas où vous ne seriez pas déjà achevés, le méchant meurt en tournoyant, en tournoyant, puis il tombe en recrachant un truc rouge, le pauvre, il a dû de mordre la langue en se retenant de rire. Le spectateur, lui ne se retient plus depuis déjà longtemps et il se réjouit d’avoir déniché cette perle en DVD à l’étranger, car oui, chose incompréhensible en France où pourtant les pires des nanars ont droit à des éditions soignées (La Horde Sauvage, Josey Wales hors la loi), celui-ci est inédit chez nous !!

dimanche 1 juin 2008

Avez vous la spaghetti attitude?

Amateurs de westerns spaghetti, répondez-donc à ce rapide questionnaire pour savoir à quel point vous êtes atteints.

1 – Vous êtes un héros de western spaghetti : comment allez vous vous habiller ?
A - Well, un jean, une veste, une chemise repassée, un joli foulard rouge, un chapeau et un colt à crosse jaune.
B - Haa facile, un poncho, une gaine autour du bras et un cigarillo, une redingote sale et poisseuse, des bottes difformes, ou alors une fourrure autour du cou, des gants sans les doigts, voire un pyjama rouge, même peut-être un cache poussière…
C – La même veste usée difforme et beigasse que je porte dans tous mes films.
D – Le sombrero, la double cartouchière, la sueur, le regard fou, et la dynamite !
E – Je ne sais plus, je ne me souviens plus de ce que je porte sous la crasse

2 - Quelle est votre arme favorite ?
A - Un colt portée sur la hanche.
B - Un colt porté en bandoulière, ou sous le bras, voire carrément dans mon dos, un Luger automatique, une mitrailleuse, un fusil sept canons.
C - un Banjo-fusil, une bible-revolver, une gourde-revolver, une béquille-fusil, une machine à coudre trafiquée.
D - un cuchillo ou une machette !
E - Mes poings et mes pets !

3 – Au saloon, où vous asseyez vous ?
A – Je vais au bar, je demande une bière et je dis plein de trucs virils à Doc Holiday.
B – Je m’assois dans un coin en me planquant derrière mon chapeau et j’attends qu’on m’importune d’un « Hé, étranger ! »
C – Il n’y a pas de budget saloon dans mon film…
D – Yé commande ouné tortilla et yé mé fais jéter déhors !
E – Je fais le pitre avec des cartes ou des verres de whisky

4 - Un fort en gueule vous interpelle : « Hé étranger !»
A – Vous parlez virilement avec lui le temps que le Wyatt Earp arrive, vous ne voulez pas d’ennuis.
B – Vous relevez lentement la tête, vous rossez tout le monde et tuez ceux qui arrivent par la porte.
C – Vous relevez lentement la tête, vous rossez tout le monde et tuez ceux qui arrivent par la porte, mais c’est un stock shot d’un autre film.
D – Le shérif vous arrête et vous met en prison parce que vous êtes un péon.
E – Vous relevez lentement la tête, rotez un bon coup et flanquez une raclée à tout le monde en accéléré.

5 – Vous n’êtes pas du genre très causant.
A – Ah mais si, j’adore causer avec les dames de la vie et de mes rêves de cowboy bedonnant sous les grands arbres !!
B – Non, à chaque fois que je rentre chez moi, mon fils est mort, ma femme a été enlevée violée par des bandits qui tiennent la région d’une main de fer et du coup, je dois tuer tout le monde…
C – Non, je cause peu, mais c’est tant mieux tellement le doublage est catastrophique.
D – Ah mais si, j’adore cabotiner à outrance en riant fort avant de massacrer des soldats mexicains.
D – Non mais j’aime siffler mes ennemis avant de les baffer.

6 – Pas causant mais vous avez quand même une phrase favorite non ?
A – C’était mon steak Valance !
B – Le cœur Ramon, le cœur, tu devrais y réfléchir, question de principe !
C – Non, on a oublié de payer le scénariste.
D – Viva la revolucion, tierra y libertad y tequila.
E – Pipiyouuuu !!!

7 – Vous faites face à un second couteau, comment est-il habillé ?
A - Un jean, une veste, une chemise repassée, un chapeau et un colt.
B - Il a vraiment une sale gueule, il machouille un truc infâme, il porte des vêtements disparates, une ceinture délabrée, il a l’air un peu inquiet.
C – On lui aurait bien mis des trucs stylés, mais on n’avait que les costumes Prisunic des enfants, alors on lui a rajouté un bandana dans les cheveux et des rubans autour des genoux.
D – Il est moustachu avec un uniforme gris et plein de trous dedans.
E – Aucune idée, on vient de lui flanquer une rouste dans la boulangerie, il est couvert de farine et de tarte à la crème.

8 – Vous êtes en mauvaise posture, encerclé désarmé, que faites vous ?
A – Vous leur parlez de façon virile en attendant l’aide du petit vieux gouailleur qui fait de la bouffe infecte.
B – Vous laissez les méchants vous tabasser grave et mettre du whisky ou du sel sur vos plaies, vous crucifier, vous broyer les mains. Vous les tuerez tous un autre jour…
C – Pareil qu’en B, sauf que les exploitants français ont coupé tout ça pour retitrer votre film « Trinita si t’es ballonné, pète un coup !! »
D – Vous passez au peloton d’exécution mais il y a un suédois/polonais/finlandais qui veille sur vous et qui attend le ‘Apunten armas !’ pour vous tirer de là.
E – Vous baffez tout le monde en faisant des cabrioles en accéléré.

9 – Une femme s’intéresse à vous, qu’elle est votre attitude ?
A – Vous lui parlez de la vie sous un arbre, lui promettez un ranch et lui demandez de vous attendre toujours le temps d’accomplir votre vengeance.
B – Rien à secouer des femmes, j’ai une destinée à accomplir, des types à buter, un passage à tabac à subir avant de flinguer le chef.
C – Avec mon trou entre les dents et mon regard de fraise, je me vois mal intéresser une femme.
D – La révolution est plus importante qu’une femme.
E – Rigoureusement impossible, je pue trop…

10 – Ah, mais sinon au fait, qu’est ce qui vous motive ?
A – Je suis contre la violence, mais elle me rattrape toujours après que j’ai papoté pendant une heure avec les dames.
B – Je veux me venger et tuer tout le monde et je cherche 50000 dollars dans un cercueil.
C – Je veux me venger et tuer tout le monde, je cherche 500 000 dollars planqués dans un cercueil, mais ce n’est pas sûr, le scénario est incompréhensible.
D - Je cherche 5 000 000 dollars planqués dans un cercueil, mais j’en profite pour éveiller ma conscience révolutionnaire.
E – Je cherche un endroit tranquille pour faire la sieste.

11- Vous descendez un méchant, comment cela se passe-t-il ?
A – Il meurt, mais on le voit à peine tomber, la caméra coupe sur Rhonda Flemming qui a eu peur.
B – La balle lui fait faire un triple loots vrillé dans la poussière avec en arrière-plan un deuxième et un troisième gars qui vrillent aussi dans l’autre sens dans un ballet délicieusement macabre.
C – Justement, il venait de se mettre à découvert du haut de son toit et il tombe sur un matelas en faisant haaaaa bêtement.
D – Comme tout bon soldat mexicain, il tombe par milliers, c’est sa raison de vivre.
E – Je préfère lui balancer un pain trempé dans l’eau, une bille de plomb, un truc quoi…

12 – Un train ou une diligence arrive, on dirait que quelque chose ne va pas. Quelqu’un ouvre la porte, que se pase-t-il ?
A – Rhonda Flemming en descend.
B – Un cadavre tombe, à l’intérieur tout le monde est mort enchevêtré de façon étudiée, les mouches volent bas, on dirait que ça pue…
C – Pareil qu’en B, sauf que la diligence a l’air en carton, dans un champ romain et qu’on voit les cadavres respirer.
D – L’armée mexicaine descend et tire, ça mitraille de partout, c’est la fête.
E – Le héros crasseux et endormi tombe à terre.

13 – Comment s’intitule votre film ?
A – Rio Hondos, Le sang du désert ou La vallée de la poursuite fantastique.
B – Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens, Les quatre de l’Assomption, Le grand carnage ou Des dollars pour Santa Maria.
C – Le retour de Trucido, Texas Colt s’énerve, Jesus saves, I kill ou La horde des bâtards.
D – Saludos la revolucion, Viva la ametralladora ! Tierra di massacro ou Nos han dado la dinamita.
E – Jesus tend l’autre joue, moi je frappe, Connardo i Santa Cretino sei figlio di…, Il riturno di Pizza Colt, Trinita fait du ski ou Une pelle, une guitare et deux pétomanes.

14 – Combien y a-t-il de morts dans votre film ?
A – Trois ou quatre vers la fin, quand la femme a enfin compris qu’elle doit laisser les hommes s’entretuer.
B – Au bas mot 150.
C – Au bas mot 150, mais on remarque que ce sont toujours les mêmes figurants qui tombent.
D – Au bas mot 150, sans compter les 350 soldats mexicains.
E – Aucun, mais environ 150 paires de baffes distribuées.

15 - Hé, c'est pas l'heure de manger?
A - Vous vous installez à table, la femme au foyer vous a mitonné un excellent repas qui vous fait regretter la vie de famille que vous n'aurez jamais.
B - Vous attrapez le poulet à pleine mains et bâfrez comme un porc immonde, la caméra entre dans votre bouche et suit la violente mastication des bouts de gras qui s'échappent et dégoulinent sur votre menton crasseux.
C - Vous êtes assis au pied d'un feu minable au milieu de la campagne romaine et grignotez un truc indéfinissable.
D - C'est la fiesta partout, l'alcool et les mets mexicanos préparés par la population locale arrivent en abondance sur la table, les feux d'artifice crépitent de partout.
E - Vous engloutissez quatre poêles de fayots au lard (plus une pour votre cheval) que vous nettoyez consciencieusement avec du pain.

16 - C'est quoi cette musique qu'on entend en fond sonore ?
A - C'est une musique souvent passe partout avec des violons qu'on oublie bien vite.
B - C'est une musique tour à tour rapide, électrique avec un gars qui siffle ou lente et désespérée avec des morceaux de trompette à déchirer le cœur.
C - C'est la même musique qui a déjà servi pour deux ou trois films du même genre.
D - C'est la musique bacalovienne de la feria et des toros et des exécutions sommaires.
E - C'est une musique très rapide avec tout plein de sonorités rigolotes, qui vous traîne dans la tête pendant 15 jours et qui vous donne envie d'envahir l'Italie.

17 - Il fait toujours beau dans l'Ouest ?
A - Globalement oui, parfois il pleut un peu, ou il y a un peu de vent.
B - Tu rigoles ou quoi, on se choppe les pires cataclysmes, le Mexique se retrouve recouvert de boue, la tempête fait rage et fait sonner les cloches, les chevaux s'empêtrent dans la neige, l'orage se déchaîne à chaque fois qu'on fait un tour au cimetière!!
C - Parfois, il fait super beau au fond de notre carrière d'argile, et puis, le plan d'après, sur le petit chemin agricole, c'est tout couvert!
D - Ma qué, il fait toujours beau à Almeria, les seuls nuages à l'horizon sont ceux des ponts qui sautent!
E - Toujours, et avec l'odeur que je dégage, l'indice de pollution passe au rouge.

18 - Vous vous battez, comment cela se passe-t-il ?
A - Cela commence aux poings dans le saloon, il y a un peu de casse, puis on passe à travers les portes du saloon pour finir dehors ou dans l'abreuvoir.
B - Cela commence aux poings, mais on finit toujours par se servir des outils qui traînent, pioches, fourches, faux avant de fracasser une fenêtre ou un mur de brique et de terminer dans un bain de boue. On ressort ensanglantés mais les dents restent impeccablement blanches!
C - Cela commence aux poings mal ajustés avec les types qui tombent avant qu'on les frappe dans un saloon ou il n'y a que deux chaises et une table à casser.
D - Pas le temps pour ça, on préfère fusiller tout ce qui bouge!
E - Cela commence dans une boulangerie, ou dans une laverie, ou dans un boui-boui quelconque, et ça dure, mais ça dure, les mêmes gars reviennent se prendre les mêmes baffes monumentales sans arrêt et ça continue de plus belle. A la fin, tout le monde est en pleine forme, quoique les méchants soient en général sales, enfarinés, trempés et sonnés.

19 - Quel est votre moyen de locomotion préféré ?
A - Un cheval noir avec des pattes blanches ou blanc avec des pattes noires que je nomme Tony, Stampede ou Tonnerre.
B - Un cheval quelconque sans identité qui se fait souvent descendre au loin à la winchester alors que c'était moi qu'on visait.
C - L'un des trois chevaux alloués au tournage
D - Le train, puis les chevaux, puis le train, puis encore les chevaux, et des fois une automobile, un blindé léger ou même un avion!
E - Une diligence à vapeur, un chariot à voile ou un travois miteux.

20 - C'est kidon le plus gros cachet du film?
A - Non, c'est pas Kidon, c'est John Wayne, James Stewart ou Gary Cooper.
B - Non, c'est pas Kidon, c'est Franco Nero, Clint Eastwood, Giuliano Gemma ou Klaus Kinsky.
C - Oui, c'est peut-être un gars qui s'appelle Kidon, ou Robert Woods, ou Klaus Kinsky aussi pendant 5 minutes.
D - Non, c'est pas Kidon, c'est Tomas Milian, ou Gian Maria Volonte, ou Franco Nero
E - Non, c'est pas Kidon, c'est Terence Hill, ou Tomas Milian, ou Timothy Brent hélas...

Résultats :

Vous avez une majorité de A :
Perdu ! Vous êtes un passionné de western américain. Vous êtes une quiche absolue en western spaghetti, qui plus est, vous détestez ça sans en avoir jamais vu un seul.
Mon conseil : continuez à ne pas en regarder, il n’y a pas de bien à se faire du mal.

Vous avez une majorité de B :
Vous aimez le grand western spaghetti, vous connaissez bien vos classiques et en connaissez les codes. Mais vous n’en êtes finalement qu’aux prémices et il vous reste beaucoup à découvrir.
Mon conseil : faites vous une intégrale Anthony Steffen pour goûter à l’âme profonde du genre.

Vous avez une majorité de C :
Votre cas commence à être intéressant, vous regardez des mauvais westerns spaghetti et vous aimez ça, votre famille murmure des choses dans votre dos, vous échangez des DVD-R pour lesquels personne n’oserait vous poursuivre en justice.
Mon conseil : revenez de temps en temps au western américain, et n’oubliez pas de regarder de bons westerns spaghetti parfois.

Vous avez une majorité de D :
Vous êtes fan de western Zapatta exclusivement, c'est-à-dire que votre fanitude aura du mal à être encore plus ciblée. Vous êtes aigris car mathématiquement, les sorties DVD sont encore plus rares que celles des westerns spaghetti dans leur ensemble.
Mon conseil : devenez fan de westerns zapatta avec Orson Welles uniquement, le travail en sera simplifié.

Vous avez une majorité de E :
Votre cas est désespéré. Vous avez tout vu, tout revu et il ne vous reste que les pires des westerns fayots. Vous ne savez même plus ce qu’est un bon film, vous avez oublié qu’on peut rire sans flatulence et Timothy Brent est pour vous le meilleur acteur du monde.
Mon conseil : découvrez la filmographie de Philippe Clair pour remonter votre niveau d’exigence.

vendredi 14 septembre 2007

Il était une fois l'armée mexicaine

On l'a tous oublié, mais dans les années 60-70, l'Italie a totalement anéanti l'armée mexicaine lors d’une guerre qui ne fit guère de bruit dans les médias. La preuve accablante de ce quasi-génocide en image:

Viva la Muerte, tua... Duccio Tessari, 1971



Tepepa, Giulio Petroni, 1968


Il était une fois la révolution, Sergio Leone, 1972





El Chuncho, Damiano Damiani, 1966





Les quatre desperados, Julio Buchs, 1969




5 hommes armés, Italo Zingarelli, 1969



Blindman, Ferdinando Baldi, 1971




Compañeros, Sergio Corbucci, 1970



El mercenario, Sergio Corbucci, 1968



Saludos Hombre, Sergio Sollima, 1968



Pour une poignée de dollars, Sergio Leone, 1964




Arizona Colt, Michele Lupo, 1966



C'est donc un massacre oublié de la communauté internationale, que je me permets d'évoquer ici, d’autant que ces preuves sont loin d’être exhaustives, d'autres séquences de ce type sont disponibles dans de nombreux films! Des milliers de soldats morts qui laissent femmes et enfants sur le careau, dans l'indifférence la plus totale!

Certains murmurent même que les italiens auraient reçu un coup de main des américains, mais on a tellement l'habitude de tout leur mettre sur le dos que cette rumeur est sujette à caution!

Les 100 fusils, Tom Gries, 1969



La horde sauvage, Sam Peckinpah, 1969



Captures réalisées sur mes DVD, ou pour certaines, volées sur le site de Shobary: http://spaghettiwesterns.1g.fi

dimanche 10 juin 2007

Le western et vous

C’est l’été, et plutôt que de répondre au questionnaire de Jeune & Jolie – Faut il larguer votre mec ? – essayez donc voir si le western est fait pour vous et comptez vos points.


1 - Le western c’est quoi ?
A – On s’en fout (-250)
B – C 1 film tro kool avec Le Bihan é plain d action. Mé le vré titre c Total Western (-200)
C – Le western c’est les films de Sergio Leone. Tout le reste n’est que vieilleries (+0)
D – Il s’agit d’un ensemble de films avec des cowboys, des indiens et la cavalerie (+1)
E – Ce sont des chefs d’œuvre intemporels avec John Wayne, Henry Fonda, Victor Mature, Kirk Douglas, des films qui montrent la marche de la civilisation, la légende et le mythe du vieil Ouest. (+20)
F – Ce sont de petits films rapides, menés tambour battant par Tom Mix, Buck Jones, Johnny Mack Brown ou George O’Brien, des justiciers sans failles et des cowboys chantants comme Roy Rogers, Gene Autry ou Dick Foran. Et plus que tout, c’est William Boyd qui incarne Hopalong Cassidy ! (+100)
G – Ce sont des films violents et sauvages avec Anthony Steffen, Fernando Sancho et Pierro Lulli (+10)
H – Le western, c’est la vie ! (+1000)


2 - Quel est le meilleur western de tous les temps ?
A – The Miracle Rider avec Tom Mix (+10)
B – Le Bon la Brute et le Truand de Sergio Leone (+10)
C - Rio Bravo avec John Wayne (+10)
D – Impitoyable de Clint Eastwood (+10)
E – On continue à l’appeler Trinita (+10)
F – Assault de John Carpenter (+1)
G – Le Colosse de Rhodes de Sergio Leone (+0)
H – Superman Returns (-10)


3 - Quel est le pire western de tous les temps ?
A – Les ravageurs de l’Ouest, mais je comprends et respecte ceux qui aiment (+10)
B – La kermesse de l’Ouest, mais je comprends et respecte ceux qui aiment (+10)
C – Wyatt Earp, mais je comprends et respecte ceux qui aiment (+10)
D – Le Bon la Brute et le Truand, et j’emmerde les abrutis qui aiment (-100)
E – Superman Returns, mais je comprends et respecte ceux qui aiment (-10)


4 - Quel est le titre du premier western jamais tourné ?
A – Le Bon la brute et le truand - 1966 (+0)
B – Le Cheval de fer de John Ford - 1924 (+1)
C – The Great Train Roberry - 1903 (+10)
D – J’appelle un ami Jean Pierre (-10)
E – La Vampire Indienne – 1913 (+1)
F – Western de Manuel Poirier – 1997 (-1)
G – Superman Returns de Bryan Singer – 2006 (-10)


5 - Qu’est ce que le Western Spaghetti?
A – C’est paraît-il une imitation de western par les italiens, sans intérêt (-1)
B – C’est le degré 0 du cinéma, un abîme de sottise sans fond qui a assassiné le vrai western (-10)
C – C’est le seul genre de western à peu près regardable, et encore c’est souvent nul (-10)
D – C‘est un genre à part entière, avec ses chefs d’œuvre et ses crottes (+10)
E – C’est le pendant du western américain, c'est la mort (+1000)


6 - Combien de westerns ont été tournés depuis 1903?
A – Au bas mot 20000 (+10)
B – En fait 20500 si on rajoute les 500 westerns spaghetti tournés entre 64 et 75 (+10)
C – T’as mal lu au dessus tocard, le western spaghetti c’est à chier, donc ça fait 20000 (-10)
D – Cinq seulement : ceux de Sergio Leone (+0)
E – Beaucoup trop. (-10)
F – Pas assez. (+10)


7 - Quels sont les ingrédients d’un bon western ?
A – Un cheval blanc, une chemise propre et une guitare (+10)
B – Des indiens, des chariots et des Tuniques Bleues (+10)
C – John Wayne, un acolyte alcoolique et Walter Brennan (+10)
D – John Wayne, Monument Valley et une tombe (+10)
E – Clint Eastwood, un poncho et un cigarillo machouillé (+10)
F – Un slip rouge, une cape rouge et un collant bleu (-10)
G – Il n’y a pas de bons westerns (-250)


8 - Pourquoi se fatiguer à regarder des westerns ?
A – Parce que cela répond à un besoin d’évasion, d’espace et de liberté (+10)
B – Pace que derrière les histoires simples, c’est une histoire universelle qui se joue (+10)
C – Parce que c’est plein de violence, de ralentis paroxystiques, de musiques belles à pleurer (+10)
D – Justement, c’est la question pertinente que je me posais (-10)
E – Ça ne sert à rien, c’est trop manichéen, trop misogyne (-10)


9 - Pourquoi le western est il mort ?
A – Le western ne mourra jamais (+10)
B – Parce que le western spaghetti l’a tué (-10)
C – Parce que les super-héros ont renouvelé une certaine forme de mythologie ? (+1)
D – On sait pas mais c’est tant mieux (-100)


10 - Quel homme politique américain a tourné dans des westerns ?
A – Arnold Schwarzeneger (-10)
B – Clint Eastwood (+1)
C – Nicolas Sarkozy (-10)
D – Ronald Reagan (+10)
E – Georges W. Bush (-10)


11 - Combien de fois a été diffusé Règlement de comptes à OK Corral à la télévision française?
A – Connais pas… (+0)
B – Une fois par an environ (+5)
C – Sans doute un peu moins que Les Sept Mercenaires (+10)
D – Beaucoup trop (-10)


12 - Lequel de ces titres de western spaghetti n’existe pas en vrai ?
A – De toute manière, le western spaghetti n’aurait jamais dû exister en vrai (-250)
B - Les Rangers défient les karatékas (-10)
C - Il était une fois dans l’Ouest(+1)
D - Alléluia et Sartana fils de … (-10)
E - Creuse ta fosse Garringo, Sabata revient (-10)
F - Trinita, une cloche, une guitare (-10)
G - Trinita, creuse la tombe de Sartana, Garringo va faire la peau de Sabata et Ringo va en enfer avec Jason (+10)


13 - Lequel de ces réalisateurs est un mauvais réalisateur de westerns
A – John Ford (-10)
B – Anthony Mann (-20)
C – Sergio Leone (-100)
D – Demofilo Fidani (-250)


14 – C’est mardi soir. Pourquoi êtes vous gai comme un pinson?
A - Parce qu’il y a un western américain à la dernière séance (+100)
B – Parce qu’il y a le match retour en retard de 4e division Melun contre Lion Sur Mer (-10)
C - Parce que j’ai fini de télécharger le pilote inédit de la saison 37 de la série Code Quantum (-10)
D – Parce que On l’appelle Trinita repasse pour le troisième fois en 6 mois sur M6 (+10)
E –Parce que ! (+0)


15 - Quel est le dernier western que vous ayez vu ?
A – Pierrot le Fou (-10)
B - On l’appelle Trinita en 1970 (-50)
C - Les Deux Cavaliers il y a deux jours (+10)
D – Le Bon la brute et le Truand à l’instant, comme tous les soirs depuis que je l’ai en DVD (+20)
E - Un western, ça ne se voit pas, ça se vit ! (+200)


16 – Quel est votre plat préféré ?
A – Un bon T-Bone sauce barbecue (+10)
B – Des fayots au lard (+10)
C – Un bon steak à Valence (+10)
D – Un assortiment de sushi (+0)
E – N’importe quoi sauf des spaghetti (-10)


17 – Où partez vous en vacances cet été ?
A – Prendre un bain de soleil du coté d’Almeria (+10)
B – A Tombstone (+10)
C – Au Japon (+0)
D – J’ai un job d’été dans un abattoir de chevaux (-30)


18 – Une jolie fille vous demande du feu
A – Vous dégainez et vous tirez (+0)
B – Vous relevez votre chapeau lentement, le regard dur et vous dites « toi tu n’as pas la tête de celle qui m’allumera » (+1)
C – Vous répondez « Le monde se divise en deux, ceux qui fument, et ceux qui m’enfument, toi tu dégages ! » (+2)
D – Vous observez « Je ne fume pas, ça fait western » (-50)


19 – Vous sortez au cinéma avec vos potes
A – Vous dites que vous avez la migraine pour pouvoir regarder Le Bon la brute et le truand tranquille chez vous (-1)
B – Vous essayez de les orienter vers Le Bon la brute et le Truand tranquille entre potes (+10)
C – Vous êtes super heureux car vous êtes sûrs de ne pas voir un putain de western (-50)
D – Vous essayez d’orienter le choix vers Pirates des Caraïbes 3 au moins il y aura quelques flingues et des costumes (+5)
E – Vous choisissez La Colline a des yeux, il n’y a pas que le western dans la vie (+5)


20 – Quel est votre film préféré, hors western ?
A – Tous mes films préférés sont « hors western » (-10)
B – J’ai jamais vu un test aussi naze (-20)
C - Le bon la brute et le truand (+0)
D - Le salaire de la peur (+10)
E - Un monde parfait (+20)
F - Superman Returns (-1)


VOTRE SCORE

Entre 0 et –1000
C’est un fait, vous n’aimez pas le western, dommage pour vous. Tous les goûts sont dans la nature. Essayez néanmoins de voir certains films chocs qui dépassent le simple cadre du western (La Horde Sauvage, Soldat Bleu, La petite maison dans la prairie).


Entre 0 et 100
Vous aimez les westerns de Sergio Leone et vous avez peut-être vu un ou deux Clint Eastwood, mais vous n’avez pas poussé votre exploration assez loin. Essayez Pat Garret & Billy The Kid, Le Grand Silence, Little Big Man, La Horde Sauvage.


Entre 100 et 500
Vous n’aimez que les westerns spaghetti, c’est fort dommage. Achetez un ranch et quelques têtes de bétail, voyez la vie différemment, relisez Marc Twain et humez la poussière de la piste !


Entre 500 et 1000
Vous n’aimez que le western américain, et pire, vous méprisez le western spaghetti. Partez pour Rome, redécouvrez le goût de la farce et du carnaval, révélez votre sens du tragique démesuré, et réévaluez vos propres racines !


Entre 1000 et 3000
Vous aimez trop le western, ou alors vous êtes américain et c’est inscrit dans vos gènes. Or, là où il y a des gènes, il n'y a pas de plaisir!
Essayez de voir autre chose, ouvrez votre esprit aux mille merveilles du cinéma mondial !


Plus de 3000
Vous ne savez pas compter. Répondez plutôt au questionnaire de Jeune & Jolie.


QUELQUES NOTES

Question 2 Assault de John Carpenter est une sorte de remake de Rio Bravo
Question 3 La Vampire Indienne est le premier western italien, réalisé par le père de Sergio Leone
Question 7 C : référence à Rio Bravo de Howard Hawk, D : référence à La Charge héroïque de John Ford.
Question 10 Il s’agit de Ronald Reagan, mais Clint Eastwood ayant été maire de Carmel, ça marche un peu aussi.
Question 11 Si quelqu’un connaît la réponse exacte…
Question 12 C’est bien sûr la G, mais Il était une fois dans l’Ouest va bien au-delà de l’appellation « western spaghetti », alors…
Question 13 Demofilo Fidani, considéré comme le Ed Wood du western italien, était en cours de réhabilitation sur le blog de Flingobis. Il n’y a donc pas de bonne réponse, encore que ce goujat de Flingobis a sabordé son travail comme un pirate…
Question 16 C: allusion à la réplique de John Wayne "C'était mon steak Valance!" dans L'homme qui tua Liberty Valance de John Ford
Question 17 A: allusion bien sûr aux westerns spaghetti, mais surtout à Tuco parlant de "bain de soleil" à Blondin dans une des scènes ajoutées du Bon la brute et le truand

Rocco et les sex mercenaires



J’ai moins de dix-huit ans : je sors.
J’ai plus de dix-huit ans : je rentre, je sors, je rentre, je sors, je rentre, je sors…

Rocco ei magnifici 7
1997
Joe D’Amato
Avec Rocco Siffredi + quelques hardeuses
Résumé :Rocco : « Mon Dieu, pourquoi ne puis-je vivre comme n’importe quel être humain ? Pourquoi mon destin est-il de ne devoir cesser de me battre ? »
Johnny (cameo en souvenir du Spécialiste) : « Ah queue, je t’aime ! »

30 figurantes, 9 hardeuses, 22 litres de lubrifiant, 14 kg de lingettes hypoallergéniques, 8 litres de sperme, 42 implants de silicone, 27 boites de Viagra, 788 litres de vodka, Rocco et les Sex Mercenaires est bien une de ces super productions que le petit monde du X se complait à tourner de temps en temps. Et cette débandade de moyens n’est engagée que dans un seul but : rendre hommage aux pionniers de l’ouest sauvage.
Ce qui frappe avant tout dans Rocco et les Sex Mercenaires, c’est la crédibilité et l’authenticité de l’entreprise. Joe D’Amato a déjà réalisé quelques vrais westerns italiens dans les années 70, et il se souvient que tous les petits détails ont leur importance. L’exemple le plus flagrant en est que, pour une fois, les actrices ne sont pas rasées de près dans Rocco et les Sex Mercenaires et elles ont même du poil sous les bras dans un souci incroyable d’exactitude historique. Intention courageuse de la part du réalisateur, puisque les poils sous les bras induisent immédiatement une interdiction aux moins de 78 ans aux Etats-Unis, amenant immanquablement l’échec financier du film outre-Atlantique et outre-Manche ainsi que la mise sur liste noire de toutes les actrices incriminées. Dont acte ! Même James Cameron n'a pas osé pour Titanic. Autre détail savoureux : les scènes de sexe qui durent trois quarts d’heure obéissent également à la plus stricte réalité historique. Dans l’Ouest américain du XIXe siècle il y avait environ une femme tous les vingt kilomètres et une femme pour vingt hommes. Aussi D’Amato s’est logiquement dit que quand un homme avait la chance de rencontrer une femme qui n’avait pas peur de la sueur poussiéreuse au point de coucher avec lui, il faisait durer le truc le plus longtemps possible, parce qu’il savait qu’il n’était peut-être pas près de remettre ça ! Vous me direz que cette révélation vous laisse dubitatifs, mais les statistiques de l’époque sur la question étant rare, nous devons au moins accorder le bénéfice du doute au réalisateur. Ça se tient !

Outre les petits détails d’ordre historique, D’Amato prend plaisir a rendre hommage au genre par lequel il a débuté son effarante carrière : le western spaghetti ; ainsi qu’au cinéma italien dans son ensemble. Filmé en Techniscope, le réalisateur a compris la leçon du maître Leone et use et abuse du gros plan en serrant de particulièrement près l’anatomie des divers protagonistes au point qu’on ne sache plus qui est qui et qui enfourne quoi ! Les ralentis à outrance pendant les scènes d’action ont pour effet de proprement dilater la durée effective du métrage, hommage délicat de nouveau au maestro du western transalpin. Rocco et les Sex Mercenaires n’oublie pas non plus l’ensemble du cinéma des années 60 et 70 par son usage intégral de la post-synchronisation. Les « ouuh » et les « haaa » et les « prends moi par derrière, y’a du monde devant » des personnages sont en effets doublés par les acteurs eux-mêmes, ou par d’autres acteurs dans la langue même d’origine du film, dont le caractère international achève de l’inscrire définitivement dans la lignée de tout un pan du cinéma bis italien, dont Joe D’Amato est par ailleurs une des figures de proue. Ultime audace nostalgique : l’apparition brève mais convaincante de Charles Bronson qui revient bander son arc comme il le faisait dans La Bataille de San Sebastian.

Mais, comme le titre l’indique assez clairement, Rocco et les Sex mercenaires n’oublie pas le western américain. Si la trame de l’histoire reprend, a postérieuri l’intrigue globale des Sept Mercenaires, tous les procédés narratifs et techniques intrinsèques cinématographiques sont hérités de John Ford lui-même ! Il suffit de lister tous les ingrédients, prenez un crayon et un papier ! La caméra entre les pattes des femmes : check ! L’opposition entre intérieur/extérieur, où l’intérieur représente la sécurité et la suavité et où l’extérieur représente le danger de l’éjaculation précoce : check ! La femme comme pivot central (mais ici au sens littéral) de l’intrigue : check ! Les paysages comme personnage à part (collines, vallées, dômes, pics) : check ! Et si cela ne suffit pas à vous convaincre, comparez la scène ou John Wayne tient son bras en hommage à Harry Carrey dans La Prisonnière du Désert à la façon dont Rocco Siffredi tient son membre avant le shoot up final, comparez le va et vient de Henry Fonda sur sa chaise dans La Poursuite infernale au va et vient de Rocco Siffredi sur sa partenaire, et vous verrez qu’il n’y a pas ambiguïté en la matière.

Bien plus qu’un simple film X, Roco et les Sex Mercenaires est donc un vibrant hommage au western et aux hommes et aux femmes du vieil Ouest. Si Rocco et les Sex Mercenaires vous a plu, ne manquez pas du même réalisateur Rocco et la Horde Sauvage qui voit la star affronter 150 prostituées qui brillent comme un miroir de bordel, et Il était une fois la Fornication qui oppose un Don Juan intellectuel à un paysan qui a 12 enfants en pleine révolution sexuelle !

NB: Bien sûr, tout ce qui est décrit dans les lignes précédentes est rigoureusement authentique ;-)