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samedi 25 septembre 2010

Vers l'Ouest

Betty Miles, Ken Maynard, Hoot Gibson

Westward Bound
1944
Robert Emmett Tansey
Avec: Ken Maynard, Bob Steele, Hoot Gibson

Western de série B d’une quarantaine de minutes, Vers l’Ouest n’est pas mentionné dans le livre de Didier Lodieu parce qu’il date des années 40 et que le western B des années 30 intéresse si peu de monde en France que le tome 2 de son ouvrage – centré donc sur les années 40 – ne se fera sans doute jamais. Mais il évoque quand même cette série des “Trail Blazers” qui fait jouer ensemble trois stars importantes du western B: Bob Steele, Ken Maynard et Hoot Gibson.
En 1944, Bob Steele était toujours le petit gars nerveux, bon boxeur et séduisant. Le voir ici aux cotés de Ken Maynard montre à quel point il était petit. Bob Steele a déjà beaucoup été mentionné sur ce blog (cliquer sur l’intitulé en bas de l’article) alors que Ken Maynard n’a eu que les honneurs de l’excellent Hell Fire Austin. Ici Ken Maynard a pris un peu de bide. Son fidèle Tarzan n’est plus le même que dix ans auparavant. Il est un acteur sur le déclin, prétendument irascible, ivrogne et tapant sur les nerfs de son entourage. Mais dans le film bien sûr il est bon, il est fort, il est brave.
Hoot Gibson, je crois n’en avoir encore jamais parlé, alors qu’il apparaît pourtant en 1917 dans Straight Shooting et en 1919 dans By Indian post (c’est lui le gringalet en cache-poussière) de John Ford. Autant dire qu’en 1944, c’est déjà un sacré vétéran du western. Hoot Gibson est une personnalité à part du western de série B. Champion de rodéo, la bouille ronde et sympathique, il n’a pas le physique du jeune premier intrépide. Il joue au contraire de sa rondeur, de son humour. Presque jamais armé dans ses films, Hoot Gibson est très populaire et enchaîne les premiers rôles dans des westerns de veine plutôt comique. Dans ce Westward Bound, il se bat en effet à coup de tarte à la crème, joue du lasso et pilonne les bad guys à la dynamite comme un gros gamin qui fait une farce, avec un bon vieux gag final à la Tex Avery. On ne peut pas détester un gars comme Hoot Gibson.


Bob Steele (à droite) en pleine action


Et le film sinon? Et bien c’est le tempo habituel des séries B sans surprises et sans originalité, à part que nos trois héros ne portent pas de noms de scène, mais se font appeler par leurs vrais noms d’acteur. On voit également une cow-girl (Betty Miles) qui monte sacrément bien à cheval et qui est plutôt moins nunuche que la moyenne. Le tout reste bien sûr très agréable et très divertissant quand on aime de genre de vieilleries, et en plus, il y a une VF!

mercredi 23 septembre 2009

Pendez-les haut et court



Hang’em high
1968
Ted Post
Avec : Clint Eastwood, Ed Begley, Pat Hingle.

C’est Bob Steele, à nouveau, qui tient en joue notre petit Clintou fraîchement revenu de son expérience italienne. Bob Steele qui doute de la culpabilité du héros avant de rater sa pendaison avec ses potes, Bob Steele qui obtiendra le pardon final. Bob Steele qui joue le deuxième couteau avec Clint Eastwood, la roue a bel et bien tourné en 1968. Comme pour démontrer par A + B que la trilogie des dollars reposait sur lui-même et non pas sur le talent de Sergio Leone, Clintou engage le premier tâcheron issu de la télé venu pour le mettre en scène dans un western à l’italienne, avec l’espoir de faire aussi bien. Si le résultat lui donnera partiellement raison (succès au box-office, bonne réputation générale du produit), le connaisseur ne manquera pas d’objecter que le film reste somme toute mineur, manquant singulièrement de flamboyance, et surtout affublé d’une sorte de fin boiteuse qui nous laisse sur notre faim. Malgré tout, on assiste à un fascinant et oppressant florilège de pendaisons en tout genre, l’officielle de la justice toute puissante comme le lynchage de la justice expéditive, la pendaison manquée (l’argument principal du film, qui, si on oublie de le dire parce qu’on connaît le film par cœur, reste néanmoins un moment fort de western) comme le suicide par pendaison du méchant. Une belle galerie de sales types complète le tableau, Ed Begley en particulier en vieux et veule capitaine, écumant de vice et de peur. On note aussi Ben Johnson qui sauve Clintou et bien sûr Pat Hingle (le commissaire Gordon des Batman de Burton) en juge inflexible. Le sale gauchiste dangereux que je suis note bien sûr l’absence totale de moindre soupçon de remise en cause de la peine de mort, mais bah, on espérait quoi hein ?
Capture: aveleyman.com

mardi 22 septembre 2009

Rio Bravo


Rio Bravo
1959
Howard Hawks
Avec : John Wayne, Angie Dickinson, Dan Martin, Walter Brennan, Bob Steele, Ward Bond, John Russel, Yakima Canutt, Gordon Mitchell

On ne présente plus ce film intemporel. Bob Steele joue dedans. Parler de Rio Bravo sans évoquer la prestation remarquée de Bob Steele (non créditée) en Matt Harris, l’un des hommes de main de Burdette revient tout simplement à parler d’Il était une fois dans l’Ouest sans parler de Woody Strode. De même, on ne peut pas passer sous silence les rôles de Ward Bond et de John Russel ; ce serait prouver au monde cinéphilique que l’on est passé complètement à coté de ce chef d’œuvre. A coté de ces acteurs capitaux, les autres bloqués dans la prison avec leur prisonnier ont beau toucher la grâce quand ils se mettent à chanter My rifle my pony and me, tandis que dehors sonne la musique du Deguello d’Alamo, on ne peut plus trouver grand-chose à dire. Le Duke est là bien campé, comme s’il était né pour ce film, s’essayant à la comédie avec Angie Dickinson (en joueuse de carte qui n’use pas beaucoup de son art, mais plutôt de ses autres atouts), Walter Brennan campe Stumpy pour la vie, Dean Martin incarne la rédemption alcoolique pour l’éternité. Bon, tout ça c’est bien, mais si minime à coté des performances de Yakima Canutt (non crédité) en homme à cheval et de Gordon Mitchell (non crédité) en cowboy de saloon, performances qu’il est tout simplement impossible d’ignorer sous peine d’être discrédité à vie ! On dit d’ailleurs que les scènes supprimées de Harry Carey Jr. sont primordiales. Et puis comme dans tout bon western, il y a de la dynamite et de la tension nerveuse avec du sang qui tombe du plafond. Howard Hawks essaiera de nouveau par deux fois d’atteindre cette perfection ultime (El Dorado, Rio Lobo) sans toutefois y arriver tout à fait.
Capture de Bob Steele: Aveleyman.com

Le grand sommeil


The Big Sleep
1946
Howard Hawks
Avec: Humphrey Bogart, Lauren Bacall, Bob Steele

Ben non, je n’avais jamais vu ce film mythique, je l’ai découvert hier en VF. Dur, dur de reconnaître la patte du réalisateur de Rio Bravo, son humanisme, dans ce film noir. L’intrigue est absolument incompréhensible, les dialogues sont tendus du début à la fin, chacun reste sur ses gardes, c’est nerveux, c’est dur, c’est sec. On dirait un théâtre de marionnettes encore plus désincarnées que dans Il était une fois dans l’Ouest, le pathos tragique en moins. Pour être franc, si j’ai tenu jusqu’au bout, c’est parce que je voulais voir Bob Steele en méchant, lui qui aura vécu du cinéma dans son acception héroïque la plus basique et spectaculaire qui soit, l’entendre dire, de façon ignoble et presque ironique : « tu veux que je compte jusqu’à trois, comme au cinéma ? », puis le voir se faire descendre suite à une ruse idiote, c’est presque aussi émouvant que Ben Johnson mourant dans la Chevauchée sauvage. Pour le reste, le ciré, les belles pépées, les berlines brillantes de pluie en noir et blanc, la gueule incroyable de Bogart, fort bien, mais je ne suis guère allé au-delà de ça!

mardi 3 février 2009

Alias John Law

Buck Connors et Bob Steele


1935
Robert N Bradbury
Avec: Bob Steele, Buck Connors, Earl Dwire

Bob Steele retrouve son réalisateur de Pôpa pour cette série B de facture classique. Bob Steele est en route pour retrouver sa môman qu’il n’a pas vue depuis quinze ans et qui s’est remariée avec un evil evil man. Pendant trente secondes, on espère (on craint ?) une bonne vieille intrigue familiale tordue à l’italienne, mais non rien de tout cela. Bob Steele se retrouve rapidement Marshall, à la poursuite du hors la loi Kootney Kid et embringué dans une histoire complexe où ledit Kootney tente d’usurper l’identité de Bob Steele pour hériter des droits de sa môman qui en fait est morte. Lorsque Bob Steele apprend que sa mère est morte, il a le regard qui se fige, puis, il détourne la tête pudiquement, et c’en sera tout de la performance d’acteur. Mais Bob Steele a néanmoins une certaine présence, une stature un peu à part, due à son costume noir et à ses cheveux bouclés.
L’histoire est passablement alambiquée, et il vaut mieux correctement maîtriser l’anglais pour suivre cela sans sous-titres. Au-delà de l’aspect purement divertissant de ce no-brain oater des années trente, on pourrait presque dire que Bradbury esquisse une réflexion sur l’identité et la difficulté pour tout un chacun de prouver sa propre existence dans un monde où personne n’est fiché, et qui ne connaît pas la photo d’identité. Bob Steele se fait en effet d’abord passer pour le Marshall qui l’a mandaté afin que la prime revienne à ce dernier, ce qui ajoute une difficulté supplémentaire au fait que sa mère avait changé de nom. Le méchant, lui, se fait passer pour le héros, les morts prennent le nom de ceux qui sont vivants afin de brouiller les pistes. La réflexion n’est bien sûr aucunement poussée, mais il s’agit bien tout de même du thème du film, comme en témoigne son titre : Alias John Law.

Du coté du sidekick, on a cette fois le old timer, qui n’est ni Georges Gabby Hayes ni bien sûr Walter Brennan, mais Buck Connors qui ma foi s’acquitte fort bien de son rôle. Particularité sympathique : le vieux est sourd comme un pot et capable de lire sur les lèvres, ce qui sera fort utile à nos héros (comme quoi les bonnes idées scénaristiques ont déjà toutes été exploitées il y a bien fort longtemps, le cinéma n’est qu’une éternelle resucée des mêmes thèmes et idées).
Ah j’oubliais, il y a bien sûr la blonde maîtresse d’école qui va se marier avec Bob Steele à la fin, d’ailleurs le réalisateur a bien failli l’oublier aussi, elle n’apparaît qu’à 22 minutes du début. Il n’est même pas dit qu’elle est maîtresse d’école, mais elle est jolie et porte des livres : le personnage est visualisé sans même le nommer.

Rayon action, ce n’est guère folichon, on note des coups de feu assez marqués, ce qui rythme un peu le film, mais les galopades sont ennuyeuses et répétitives. A la fin, l’intérêt se réveille un peu lorsque Bob Steele et le méchant se battent sur un pont suspendu type Indiana Jones. Bob Steele ne fait pas dans la dentelle et balance le gars par-dessus bord, sans remord ni regret. Yo ! Un western B dispensable donc, mais tout à fait dans la norme.
Ah et tiens, pour une fois, aucun anachronisme : pas de voiture, pas de téléphone, on en serait presque déçus !

Le méchant: Earl Dwire. Brrrr!!

mercredi 22 août 2007

The man from hell’s edge





Robert N. Bradbury

1932
Avec Bob Steele, Georges Gabby Hayes



Bob Steele était une star de l’époque des B-movies, comme Gene Autry ou Tex Ritter, mais peut-être moins connu. Pas très grand, mais très athlétique et bon boxeur, bien habillé, il jouait toujours le bon gars bien souriant, joli garçon, qui règle son compte aux baddies dans les 50 minutes allouées au métrage et qui se tape la nana à la fin.


Hé bien celui-ci ne déroge pas à la règle. Réalisé par Robert N.Bradbury, le père de Bob Steele, The man from the hell’s edge est plein de cavalcades, de gunfight et de fistfights. Tout comme les petits westerns avec John Wayne chroniqués sur ce blog, l’intrigue est limpide, linéaire et simplissime. La mise en scène est classique, sans saveur mais efficace. Les effets sonores sont pauvres, en particulier ici les aboiements des chiens au début. Parfois une séquence ou un plan retient l’attention, comme la scène où les deux vieux briscards se mettent à danser en pleine rue en se tenant la main, mais sinon, c’est le plaisir tout simple d’une histoire manichéenne, avec son méchant caballero risible, Gabby Hayes qui a un petit rôle et la nana de l’histoire qui tombe amoureuse de Bob Steele, avec une séquence rigolote ou Bob Steele trouve une raison stupide pour se faire inviter chez elle et son père. Ne pas manquer la scène où Bob Steele fait un plongeon de 10 m dans un lac avec son cheval pour rattraper un méchant ! Il n'y a qu'à cette époque qu'ils faisaient des trucs pareils!

Comme toujours les anachronismes pullulent : pas de voiture ici, mais un téléphone, mais c’est pas grave, on est là pour se divertir, et curieusement ce petit film sans prétention vieux de 75 ans y parvient encore à peu près. Ce n’est pas du grand western, mais ce type de petits films parlants des années 30 servira de matrice pour les plus grands westerns! A vous de voir !


Où le voir justement ?

Sur movieflix.com. C’est gratos. La qualité est effroyable, en particulier l’encodage MPEG2 est vraiment, vraiment foireux (des gros macro-blocs partout). Sur des copies très anciennes, ça donne un résultat pas très encourageant, d’autant que c’est en VO. Mais pour vous faire une idée du style, c’est déjà bien. Beaucoup de ces petits films sont également disponibles en zone 1 si vous accrochez !


Pour plus d’info sur toutes ces stars méconnues en France sur Old Corral: http://www.b-westerns.com/