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vendredi 27 février 2009

La rançon de la peur


1974
Milano odia : la polizia non può sparare
Avec : Tomas Milian, Henri Silva, Ray Lovelock

Une petite frappe (Tomas Milian) sans envergure mais un brin psychopathe va se prendre en main et organiser le kidnapping de la fille d’un riche industriel. En tuant quasiment tout le monde sur son passage : vieillards, amante, enfant, innocents, complices, otage, bref, vraiment tout le monde… La rançon de la peur semble être une course nihiliste du réalisateur Umberto Lenzi vers le toujours plus : plus de morts choquantes, plus de scènes dérangeantes, plus de crapules, plus de poursuites repiquées d’autres films. Avec la sacro-sainte dérive fasciste finale qui voit le flic buter le méchant alors même que cette salope de justice toute mal foutue venait de le relâcher faute de preuves. Ceci-dit Henri Silva n’a vraiment pas l’air concerné, il s’essaye à la mâchoire serrée, il jette son insigne à la fin (au figuré seulement, parce que littéralement, ça avait déjà été fait), mais il était vachement mieux en méchant dans Le clan des pourris. Ennio Morricone non plus n’avait pas l’air vraiment concerné : c’est ronflant, répétitif et sans aucune inventivité. Reste Tomas Milian, qui joue ici sans cachetonner et sans (trop) cabotiner, qui semble vraiment prendre plaisir à incarner cette crapule nerveuse, droguée, obnubilée par l’argent et par le désir de prendre sa revanche sur l’injustice du monde. Un polizi qui se regarde donc les yeux légèrement hallucinés par cette violence sèche et sans autocensure, mais qu’on oublie bien vite de par son manque flagrant d’humanité (à l’exception peut-être du personnage interprété par Ray Lovelock, mais trop secondaire pour sauver le film).

dimanche 28 septembre 2008

Le clan des pourris


Il trucido e lo sbirro
1976
Umberto Lenzi

Avec : Tomas Milian, Claudio Cassinelli, Claudio Undari, Henry Silva


Ça commence vraiment exactement comme un western avec diligence sur fond de Monument Valley et bagarre de saloon, mais non, il n’y a pas erreur, on est bien reparti pour une petite tangente (après Brigade Spéciale) sur le polar italien, qui semble employer avec plaisir l’une des grandes stars du western italien : Tomas Milian. On se replonge donc avec délice dans cette atmosphère de violence exacerbée, où le quotidien du citoyen Romain de la fin des années 70 semble être de se faire agresser à coup de brique dans les supermarchés ou au cinéma, de se faire voler son sac ou d’assister à des braquages de bijouteries ou de trains, à des attentats en tout genre et à des courses poursuites en pleine ville. Dans le clan des pourris, les frontières entre le bien et le mal sont habilement mêlées. Un flic déterminé et peu respectueux des lois (Claudio Cassinelli, un peu fade), repêché de Sardaigne où il avait été muté parce qu’il gênait sa hiérarchie, est envoyé en sous-marin pour faire évader Monezza – « Le Fumier » en français, joué par Tomas Milian – une raclure de première mais non dénué d’humour et d’un certain sens de l’honneur, afin de retrouver Brescianelli, (Henry Silva, importé d’Amérique) une raclure de première totalement dénué d’humour puisqu’il a kidnappé une fillette de 12 ans qui a besoin d’une dialyse régulière pour survivre. Le flic et Monezza vont faire alliance avec le Calabrais (Biagio Pelligra (photo) et sa voix cassée très particulière) et son très violent et très typé pote Mario (Claudio Undari, que l’on a connu plus sympa dans Condenados a vivir) pour remonter la piste de Brescianelli qui pour tout simplifier a changé de visage par chirurgie esthétique. On voudrait nous faire croire que la star du film, c’est Tomas Milian, on voudrait nous faire croire qu’il porte le film sur ses épaules, mais c’est faux : avec son cabotinage habituel, sa perruque afro et son temps de présence à l’écran somme toute assez réduit, le charismatique cubain n’imprime pas une marque si inoubliable que ça au film, en tout cas, pas plus que dans Brigade Spéciale. Non, le vrai plaisir vient du traitement sans concession de l’action, des péripéties et fausses pistes qui s’assemblent peu à peu, des scènes « à faire » et faite avec l’aplomb d’un premier degré qui ne craint surtout pas le ridicule. Les italiens n’ont peur de rien, et ils donnent tout : ils donnent les poursuites et les fusillades, ils donnent les planques et les infiltrations, ils donnent les passages à tabac et les prises d’otage, ils donnent les flics sûrs de leur droit et les crapules flamboyantes, le tout dans un maelström incessant où nos « héros » reviennent souvent à leur point de départ mais ne baissent jamais les bras. Les surnoms d’opérette des malfrats, de Monezza au Calabrais en passant par Cravatte ou Le Lourdingue créent une poésie à part, une langue spécifique à la musicalité rehaussée par une bande sonore pop de Bruno Canfora assez réussie. On note en particulier cette jolie séquence sans parole mais avec musique, où les protagonistes interrogent la faune Romaine, jeunes en mobylettes, employés de casses, putes, restaurateurs en leur graissant la patte pour les faire parler. Umberto Lenzi, plus connu pour ses films d’horreur, signe ici une réalisation très solide sur un scénario assez convenu mais finalement assez dense : pas de temps mort, pas de prise de tête métaphysique : l’enquête, rien que l’enquête et l’engrenage des indices qui amènent d’autres violences qui amènent d’autres indices avec en toile de fond ce sentiment d’inéluctabilité et cette progression vers des solutions de plus en plus radicales pour le flic. Cela aurait pu faire un grand film. C’est juste un bon polar extrêmement plaisant. Le scénariste Dardano Sacchetti explique en bonus qu’il avait voulu créer un décalage comique entre le flic et le personnage de Tomas Milian, une sorte de Trinita du polar, mais qu’Umberto Lenzi manquant visiblement d’humour, cet aspect du film n’a pas du tout fonctionné. Il explique également que son film était le premier « Buddy Movie » dont la trame a été reprise plus tard dans le film 48 heures de Walter Hill. On peut tout de même en douter tant l’idée du duo est finalement peu exploitée dans le film au profit du concept de « bande ». Pas tout à fait un grand film donc (et si l’on en croit Francis Moury sur Dvdrama, c’est même un film mineur dans le genre), mais qu’est ce qu’on s’éclate !

Le DVD Neo Publishing : haaaa, une petite pause bienvenue entre mes westerns Studio Canal (prochainement si j’ai le temps : Le temps du Massacre et Poker d’As pour Django) : une VF et une VI, une jaquette ‘slim’ travaillée avec un joli fourreau, des bonus loin d’être complets (on ne pourrait pas avoir l’avis de Tomas Milian himself sur ces films, pendant qu’il est vivant ?) mais très instructifs tout de même : voilà ce qu’on est en droit d’attendre boudiou !!

PS : Merci au chat de m’avoir fait gagner ce DVD. Mais où est-il passé le chat, hein ?

PPS : Je m’interroge sur la scène western du début : a-t-elle été tournée pour le film, ou est-ce un western américain ? Je penche plutôt pour un western américain, car je ne vois pas comment ils auraient pu avoir le budget pour aller tourner aux USA pour ce film alors que même en plein âge d’or du western italien ,ils tournaient en Espagne. Mais dans ce cas, lequel?

jeudi 21 juin 2007

Brigade Spéciale



Roma a mano armata
1976
Umberto Lenzi
Avec: Maurizio Merli, Arthur Kennedy, Tomas Milian


Le commissaire Tanzi (Maurizio Merli) est confronté au grand banditisme, à la violence, à la jeune délinquance. Il est aussi emmerdé par les failles de la justice et le laxisme de la juge pour enfant (qui est en même temps sa copine) qui remet les junkies qu’il arrête en liberté. Plutôt que de lancer une polémique populiste dans la presse, il emploie la manière forte, ce qui lui vaut d’être mis au placard par sa hiérarchie. Mais tout ça n’est que broutille, et rien ne l’empêchera d’affronter au final le cruel bossu Vincenzo Moretto (Tomas Milian).

Quand le péplum n’a plus marché, les Italiens ont fait du western, quand le western n’a plus marché, ils ont fait du polar. Secs, violents, urbains, ces polars racontaient l’Italie des années 70 : racket, corruption, grand banditisme, terrorisme d’extrême gauche et d’extrême droite créaient un sentiment extrême d’insécurité dans ce que l’on allait appeler alors « Les années de plomb ». Le cinéma de genre italien, sous la houlette de réalisateurs tels que Umberto Lenzi, Stelvio Massi, Lucio Fulci, Enzo.G.Castellari ou encore Mario Caiano ou Sergio Sollima, allait alors s’appliquer à rassurer le spectateur en lui montrant que la situation pouvait être résolue à coup de crosse. Souvent simplistes et caricaturaux, ces films (Bracelets de sang, Le clan des Calabrais, La Rançon de la Peur, Témoin à Abattre, Assaut sur la Ville, Revolver…) étaient en général taxés à tort ou à raison de « fascistes » comme le furent à la même époque, les Dirty Harry. Si certains des noms de réalisateurs cités ici ne sont pas étrangers aux amateurs de western spaghetti, les acteurs ne sont pas en reste : Tomas Milian, Fabio Testi, Franco Nero sont souvent de la partie, ainsi que Maurizio Merli (qui a fait un seul western : Mannaja), qui allait devenir la figure de proue du polar à l’italienne, le flic honnête, droit et violent.

Brigade Spéciale ne raconte rien, et il raconte tout. Centré sur le personnage du commissaire Tanzi, il est au début impossible de comprendre quoi que ce soit. Tanzi évolue dans cette société en dérive, et où qu’il aille, il tombe sur un hold up, un vol à la tire, un gangster qu’il arrête et qui est relâché de suite. Il joue du muscle, et il se fait rabrouer par son supérieur, joué par le vétéran hollywoodien Arthur Kennedy (Nevada Smith, l’homme de la plaine). Le but semble de dépeindre une société la plus pourrie possible pour justifier un pétage de plomb en règle par le commissaire. Mais celui-ci reste finalement assez cool, même quand il s’en faut d’un cheveu pour que sa nana passe dans un broyeur de voiture. A la fin, c’est même lui qui doit rappeler à son coéquipier les limites de leur droit de tuer (ce qui vaut à son coéquipier une balle dans le ventre de la part du bossu, mais passons…).
Pour le reste, tout y passe : braquage, prise d’otage, passage à tabac, poursuite sur les toits, poursuite en bagnole, viol, baston dans un bar, enlèvement, drogue, agressions, indic, petite frappe, fils à papa dévoyé, la presse qui fait chier, relation amoureuse tumultueuse, assassinat d’un dealer en plein interrogatoire musclé, du haut d’un pont, exactement comme dans To Live and Die in L.A. de Friedkin tourné dix ans plus tard. Tous ces éléments hétéroclites finissent tant bien que mal par créer une intrigue cohérente qui se tient plus ou moins et dont le dénouement va se cristalliser autour du personnage de Tomas Milian.
Car bien sûr il y a Tomas Milian, qui joue un criminel frappadingue bossu, peu avare en jeux de mots et en meurtres de sang froid. Tomas Milian fait Tomas Milian, c'est-à-dire sans retenue aucune, plié en deux par son infirmité, le cou orné d’une longue écharpe rouge et noire, le rictus aux lèvres et les armes à la main. Tomas Milian est relativement rare à l’écran, mais il vole la vedette à Merli, qui est finalement bien fadasse avec sa moustache bien brossée et sa veste sans faux pli. Cette opposition entre le physique tordu et cradoc de Milian et l’athlètisme BCBG de Merli était d’ailleurs voulu, et quand Milian se met à mitrailler la foule, même un chroniqueur de Première comprend que le clou du spectacle, c’est lui.
Mais si vous n’aimez pas Milian, il vous reste l’ambiance : la musique jazzy-Schifrinesque de Franco Micalizzi est efficace, omniprésente sans être soûlante, on retrouve avec plaisir les petites bagnoles des années 70, la coupe des vestes et les coiffures de l’époque, et toute une galerie de tronches, moins marquées que les figurants du western italien, mais qui avaient le mérite d’une authenticité indiscutable, qui fait plaisir à voir à notre époque de publics télévisés panelisés selon des critères physiques avantageux.
Brigade Spéciale sans être un film incontournable, surprend par sa construction chaotique qui génère une tension à couper au couteau, et son refus de raconter une vraie histoire à tiroirs où tout se tient. Un assemblage de bric et de broc, de faits divers et de scènes convenues parvient finalement à donner une certaine impression de réalité un peu dérangeante. En outre, Brigade Spéciale remplit très bien sa mission première : du divertissement avec de l’action et de la violence.
Et alors, qu’attendez vous ?

Le DVD NeoPublishing. D’aspect classieux, fin et élimé dans son fourreau top classe, ce DVD à prix raisonnable pourra s’emporter partout, dans votre sac à main ou dans la poche intérieure de votre blouson. Mais attention aux pickpockets ! Neo Publishing fait du bon boulot, avec un commentaire audio du scénariste du film (Dardano Sacchetti) très intéressant pour qui voudrait comprendre les bases de ce cinéma, car Sachetti ne se contente pas de parler se son boulot, il replace le film dans le contexte social et politique de l’époque et dans le contexte cinématographique italien. Très instuctif.

dimanche 28 janvier 2007

Pistolets pour un Massacre (live)


 Attention, spoilers de folie !
Una pistola per Cento Bare
1968
Umberto Lenzi
Avec Peter Lee Lawrence, John Ireland

Résumé : apparemment c’est l’histoire d’un mec qui se venge…

Ce soir, j’innove formellement en écrivant cette critique en direct live en regardant le film parce que je ne voudrais pas me coucher trop tard. C’est pour dire le sérieux de ce blog qui, pour rappel ne contient pas un seul film vraiment intéressant, à l’exception peut-être de Adios California et La Cible Humaine. Je ne désespère pas d’écrire un jour une critique avant d’avoir vu le film, comme une réponse post-moderne déstructurée aux détracteurs du Western Italien, mais rassurez vous, vous serez prévenus. Revenons au film.
Dès la jaquette DVD, Pistolets pour un Massacre ne respire pas le chef d’œuvre. La mention « Garanti 100% pur Western » semble indiquer exactement le contraire de ce qu’elle énonce, et la tête de jeune bambin du héros (Peter Lee Lawrence) ne me dit rien qui vaille, et d’ailleurs elle ne me dit rien du tout, bien qu’il soit censé avoir joué dans Pour Quelques Dollars de Plus. J’ai bien vu Et Pour Quelques Dollars de Plus une cinquantaine de fois et je ne vois pas quel rôle ce blondinet peut y tenir. Vite, mon triple DVD ultimate editor en peau de cactus du chef d’œuvre de Leone pour vérifier, aaargh il est hors d’atteinte, tant pis ça me reviendra sûrement, mais un acteur dont le seul titre de gloire est d’avoir joué un rôle niveau figurant dans Et pour Quelques Dollars de Plus, ça n’augure rien de bon.
Le réalisateur c’est Umberto Lenzi, le réalisateur de Cannibal Ferox que je n’ai pas vu, de Démon 3 que je n’ai pas vu et de La Maison du Cauchemar que je n’ai pas vu non plus. Mais Umberto Lenzi a une certaine réputation et donc il subsiste un espoir très minime que Pistolet pour un Massacre soit, sinon le chef d’œuvre oublié du western européen, au moins peut être un « bon » film un peu barge.
Bon.
Le début est original, le blondinet est un soldat qui refuse de porter les armes par conviction religieuse, et il se fait condamner au bagne. Les forçats ramassent du sel, je sens venir une évasion à base de pelleté de sel en pleine face du sergent sadique. Ah ben non, perdu, le type est gracié, genre comme dans la vraie vie, pas d’évasion, nada, pfff. Du coup il retourne chez lui, mais NAN, faut jamais retourner chez soi, c’est chercher les ennuis que de retourner chez soi, ils devraient le savoir au bout d’un moment les héros. Alors comme par hasard, il trouve ses parents trucidés (admirez son timing, il arrive pile trop tard) et il est tout étonné. A peine le temps d’enterrer tout ça, il décide de se venger et d’apprendre à tirer, ce qui nous amène à une ellipse savamment dosée dans la mesure où on ne le voit pas du tout apprendre à tirer. Le but est avant tout de pomper sans vergogne une scène bien connue d’un certain film où Blondin coupe la corde à Tuco. Mais le blondinet n’est pas Blondin, et bien que le discours du juge sente l’authenticité dans sa palanquée de termes techniques, l’action manque un peu de fougue.
Pourtant le propos se noircit légèrement, car notre Blondinet n’a sauvé la vie au pendu que pour le descendre de sang froid après lui avoir fait creuser sa tombe. Le coté pathétique, sombre et noir de la vengeance est bien montré ici, comme dans la scène suivante où une femme voit son mari mourir devant ses yeux et ceux de ses enfants. Le malheur des uns fait le malheur des autres ! Diantre, mon intérêt se réveille, et le film m’en paraît d’autant plus prometteur. Un vieux petit croque mort gouailleur, ça vous rappelle quelque chose ? Un révérend qui sait se servir d’un pistolet et qui mâchouille sa pipe, ça vous rappelle quelque chose ? Oui oui, déjà trois éléments plagiés sur Sergio Leone, mais ça y est je suis dans le mood, et ces petits ‘hommages’ répétés ne vont pas me gâcher mon plaisir, au contraire, d’autant que les morts sont pour l’instant assez rares et qu’il y a quelques éléments de scénario qui viennent perturber le cours un peu trop lisse des évènements. Une bande de fous timbrés enfermés dans la prison et qui se mettent à hurler dès qu’on tire un coup de feu, avec gros plans sur leurs tronches hilares, c’est déjà moins lisse. Néanmoins, l’atmosphère de huis clos avec la ville encerclée par les bandits, et les habitants types (le maire, le maréchal ferrant, la chanteuse etc) qui jouent leur rôle d’habitant type est loin d’être vraiment Rio Bravesque, mais comme on dit, c’est l’intention qui compte. Et soudain les fous crasseux aux yeux exorbités sont lâchés dans la ville et c’est l’hallali à l’italienne : étranglement, tête fendue mais hors champ (scène coupée dans la version française ?), incendie, tentative de viol, la routine quoi. Les fous se font nettoyer au karcher façon spaghetti par nos héros et finalement cet épisode reste un pétard mouillé, dommage.
Le passage à tabac qui suit ne dure même pas les deux minutes réglementaires , flûte, l’intérêt général est en baisse, vite quelque chose à se mettre sous la dent, vite, une petite ambiance nocturne, oui ça bastonne, yes encore un petit aperçu du coté torturé et sombre de notre cher blondinet, et soudain, pour la troisième fois au moins, il fait semblant d’abandonner la ville, si señor, il passe du coté des méchants, va-t-il trahir ses amis, le suspense est à son comble, et pour la troisième fois au moins, il REVIENT au village en prenant l’air énigmatique du héros qui sait ce qu’il fait, et bon sang mais c’est qu’il se met à braquer des gens et à prendre des otages notre blondinet, on croit rêver, ah la la quel supplice, combien de temps cela va–t il durer, ouf, soulagement général dans le public aux abois, notre héros se lève doucement pendant que les bandits dorment, il est donc encore de notre coté, aaah purée, double twist d’un coup, en fait le révérend savait pour la fausse trahison du blondinet, mais plus fort encore, LE REVEREND EST DE MECHE AVEC LES BANDITS, et incroyable, troisième coup de théâtre en moins de 57 secondes, je viens de réaliser que le blondinet est le petit jeunot qui se fait abattre par Indio dans les flashback de Et pour Quelques Dollars de plus, aaah voilà voilà ; après être descendu par les toits alors qu’il aurait pu tout simplement prendre la porte, le blondinet nous mène droit vers la fin du film, on ne comprend plus vraiment qui trahit qui mais tant pis, blam, blam, blam, BOUM, pan, pan pan, piouuuww, ahhrgh, en fait OK, le révérend a trahi tout le monde, ça c’est du twist, et C’EST PAS FINI, en fait on apprend que c’est le révérend qui est à l’origine du meurtre des parents du blondinet, mais quand est ce que ça va s’arrêter, au passage le blondinet tue encore un type à bout portant de sang froid, il est carrémént ambigu, et non ça ne s’arrête pas, il restait un fou oublié en liberté, mais, nouveau pétard mouillé, il se fait descendre pronto et zou, c’est le duel final, sans surprise mais plutôt réussi, VICTOIRE, et puis ça y est notre blondinet a grandi, il se met à boire du whisky !!

Ouf…

Cinq minutes plus tard
Bon c’est sympa comme exercice. Bilan à tête un peu plus froide : héros dont l’ambiguité tranche avec le physique fade, quelques trucs très réussis, un manque d’audace en ce qui concerne les fous (mais est ce la version complète ?), mais pour les amateurs, je pense que ce n’est pas si mauvais. Pour les admirateurs d’Umberto Lenzi, j’imagine que c’est assez décevant.Film également connu sous le titre La malle de San Antonio.

Au fait c’est du Evidis ?
Non pas cette fois, c’est les Editions du film retrouvé, responsables également de El Puro, la Rançon est pour toi. Alors ça ne vaut pas beaucoup mieux en terme de qualité d’image, mais au moins a-t-on un menu et une préz. de la collec. Il s’agit d’un double DVD, le deuxième étant 4 dollars de Vengeance. J’y reviendrai peut-être…