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dimanche 22 novembre 2009

Un mort pour un dollar

Dollar for the dead
1998
Gene Quintano
Avec: Emilio Estevez, William Forsythe, Joaquim de Almeida

Une sorte d'état de grâce dans le portnawak. Je vous épargne le scénario qui brode sur le légendaire trésor des confédérés. Concentrons nous sur LA scène de gunfight qui se déroule dans le saloon. Emilio Estevez vole. Il se retourne dans les airs. Il tire. Les hommes pleuvent. L'un d'eux chute, droit comme une pierre tombale après avoir été plombé derrière une porte. Un autre gars fait l'habituelle chute du haut d'un balcon sur une des tables de poker de la grande salle, le tout sous ce fameux opéra de Rossini. Une colombe s'envole au ralenti. En fait, non, aucune colombe ne s'envole au ralenti, mais c'est tout comme. Les mecs en bas sont vénères et montent à leur tour trouer la peau d'Emilio. Celui-ci passe à l'étage en dessous en sciant le plancher à coup de flingue. Oui, c'est très con. On sait que c'est con, et le réalisateur sait qu'on sait que c'est con, et on sait que le réalisateur sait que l'on sait que c'est con, et pour bien nous montrer qu'il sait qu'on le sait, il fait faire un clin d'œil à Emilio à notre adresse, puis il aligne cinq gus à l'étage du dessous qui savaient à l'avance semble-t-il, qu'Emilio allait filer à la Tex Avery. Qu'à cela ne tienne, Emilio plonge derrière le bar, dégomme la rotule de chacun, glisse sur le comptoir et tire à tout va et multiplie les roulades non pas pour éviter les balles, mais les mecs qui tombent. On croit avoir tout vu, mais il reste à Emilio à se sortir du saloon en vidant ses flingues sur un gars, qui traverse la fenêtre suivi au centimètre par Emilio. Ses flingues crachent comme des Uzi. Une fois dehors, on pense à cette scène du MagnifiqueBelmondo descend cinq types en tirant une seule fois dans un arbre. Emilio fait encore mieux. Il tire à travers la porte du Saloon, trois type tombent. Il tire à travers une fenêtre, deux types y passent. Rossini se fait toujours entendre et c'est achement beau. Après avoir plombé les quelques fenêtres qui restaient avec quelques types encore vivants derrière, Emilio finit par s'en aller. Merde, la scène est finie.
Nulle part ailleurs dans le film Gene Quintano ne réussira à aller aussi loin. La scène finale où tout le monde s'entretue n'a pas folie, la même absence de retenue dans le délire irréaliste. La scène inaugurale, pourtant déjà bien relevée en terme de glissades et de tirs par derrière sans regarder, n'était qu'une introduction. Le gunfight sous l'église est beau, avec ses jets de poussière d'or qui étincellent sous la lueur des torches, mais ne va pas assez loin.
Mais cette scène dans le saloon, c'est la preuve d'un amour fou pour le cinéma de Quintano et de
Tony Anthony, le producteur. Un amour fou qui ne s'embarrasse pas de construire un film autour, un amour fou qui a les moyens de ses idées extravagantes mais qui se moque de soigner la mise en scène, la direction d'acteur, le scénario. A la fin, alors qu'au bas mot trois cent cinquante personnes viennent de mourir, deux des survivants sortent des phrases pompeuses pour dire que la violence c'est pas beau. On est bien obligé de rire. On retrouve tout le western italien dans Un mort pour un dollar: les cache-poussières, les bastons, la musique sifflée, la violence exacerbée, une mitrailleuse dans un cercueil. On retrouve tout le western américain aussi, les longs dialogues et les putes à la Peckinpah, le héros qui devient bon, révélé par un prêtre, la rancune du Sud, la tentation de la vie familiale, l'amitié. Et c'est sans doute parce que je viens d'en voir pas mal, mais toutes ces glissades, ces cascades spectaculaires, je préfère les rattacher à Tom Mix et Yakima Canutt plutôt qu'au cinéma de Hong Kong. Un mort pour un dollar, c'est donc une digestion de tout le western mondial qui aurait mal tournée. Une vomissure éclatante qui donne le haut le coeur et qui fait marrer, mais qui fait bien plaisir quand même! Un euro dans n'importe quelle brocante, à ne pas manquer!

Le même film décrit par Flingobis, mais avec moins de talent.

samedi 13 janvier 2007

Young Guns-Young Guns II



1988 - 1990
Réalisateurs : Christopher Cain - Geoff Murphy Acteurs : Emilio Estevez, Kiefer Sutherland, Lou Diamond Phillips, Terence Stamp, Jack Palance, Charlie Sheen

Attention, SPOILER sur Young Guns II
A la fin des années 80 au cinéma, nous avons eu droit à nouveau à l’histoire de Billy The Kid, revisitée en deux westerns modernes. Modernes non pas par comparaison avec de prestigieux films comme Little Big Man ou Pat Garrett et Billy the Kid, mais modernes dans le sens hollywoodien du terme, à savoir formatés pour plaire au plus grand nombre. On trouve donc beaucoup d’action et de nombreux coups de feu, de la musique rock à faire retourner John Ford dans sa tombe, un peu de romance, et des personnages suffisamment complémentaires dans leurs archétypes identitaires pour que tout le monde s’y retrouve. L’action est très typée fin des années 80. C’est l’époque de Die Hard, Robocop 2 et Total Recall. Conséquence, quand Billy et ses acolytes sont assiégés dans une maison, c’est un véritable déluge de feu qui s’abat sur eux. Les fenêtres explosent toutes les unes après les autres, la maison entière menace de s’écrouler, mais Billy s’en sort quand même. De même quand la bande de régulateurs est confrontée à un redoutable tueur, une cinquantaine de coups de feus sont tirés avant que nos braves petits gars s’en sortent (sauf Charlie Sheen). Curieusement, cela rejoint une certaine vérité historique que Clint Eastwood a tenté de montrer dans Impitoyable : dans la réalité de l’Ouest, quand les gens commençaient à se tirer dessus, ils passaient en général leur temps à se rater. Néanmoins, les deux films sont encombrés de clichés et ils s’oublieraient bien vite s’ils n’y avait pas le jeu des acteurs.

Billy The Kid est joué par Emilio Estevez qui transforme le Billy The Kid historique en cinglé de la gâchette au rire de hyène, vantard comme pas deux, immature et obnubilé par sa renommée. Difficile de s’identifier à un tel héros, ce qui est assez rare dans ce genre de production calibrée. Heureusement, il y a Kiefer Sutherland qui se pose en sage, celui qui voit le tout avec l’œil du spectateur. Dans Young Guns II, Emilio Estevez corrige un peu le tir, Billy est un peu plus humain, moins dangereux. Le ton se fait plus lent, plus poignant, essentiellement grâce à l’astuce scénaristique qui consiste à utiliser l’histoire vraie de Brushy Bill Roberts. Ce vieil homme apparût dans les années cinquante en clamant haut et fort qu’il était Billy The Kid, le vrai, l’unique, et réclama du même coup le pardon du gouverneur pour ses actes passés. Interrogé, l’homme était capable de réciter les grandes lignes de la vie de Billy The Kid, même s’il se trompait sur certains faits pourtant parfaitement connus des historiens. Malgré une certaine ressemblance physique, il est plus que probable que cet homme était un imposteur, même si beaucoup de monde voudrait croire à son histoire. Le film laisse clairement entendre que Pat Garrett n’a jamais tué Billy The Kid, ajoutant ainsi une énorme pierre à la légende. Vraie ou pas, cette histoire de vieillard procure une certaine richesse émotionnelle à une suite qui sinon ne serait qu’une resucée des aventures du premier épisode. Les scènes d’action sentent le déjà vu, et le personnage de Pat Garrett manque totalement de charisme.Bons divertissements sans prétention, les deux Young Guns permettent de passer un agréable moment sans parvenir à la hauteur de films plus prestigieux sur le même sujet, comme Le Gaucher, ou le déjà cité Pat Garrett et Billy The Kid. Et sans être non plus aussi divertissants que Silverado auquel ces deux films font penser immanquablement de part leur ressemblance de ton et de rythme.