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mardi 30 mars 2010

Shootin' Mad


Shootin’ Mad
1919
G.M. Anderson
Avec : G.M. Anderson, Joy Lewis


On retrouve G.M. Anderson et son gros derrière et Joy Lewis et ses affreux cheveux (qu’elle a ici la bonne idée d’attacher) dans ce Shootin’ Mad qui fait partie des films de cinq bobines produits par Anderson dans le cadre de sa tentative de retour en indépendant. Il semblerait néanmoins que l’un des producteurs responsable de l’export ait eu le dernier mot en ce qui concerne le marché international, et ait décidé de manier les ciseaux avec dextérité pour ratiboiser la pellicule et transformer ledit cinq bobines en deux bobines seulement.

C’est la version dépecée qui est parvenue jusqu’à nous. Le résultat est narrativement assez époustouflant, puisque tout se tient correctement sans trop d’ellipses brutales, à l’exception du background du héros qui manque manifestement à l’appel. En revanche c’est artistiquement bien sûr n’importe quoi, les longues scènes introductives appellent un développement conséquent des personnages mais débouchent sur du vide, ce qui naturellement provoque une manifeste impression de gâchis de moyens et de talent. Le jeu d’Anderson est beaucoup moins développé que dans The Son of a gun et pour ainsi dire, l’ennui pointe assez vite le bout de son nez, surtout que la morale puritaine voit à nouveau triompher, comme dans un sous Hell’s hinges, la bonne parole civilisatrice de l’église sur le vice saloonesque qui ne fait rien qu’à avilir l’homme et la société en construction. On s’en lasse*.

Où le voir quand même: de toute façon, c'est en bonus du DVD Unknown video de The Son of a gun, donc si vous vous intéressez à Broncho Billy, vous l'aurez avec ledit Son-of-a-gun que vous le vouliez ou non.


*Et on note en aparté qu’à chaque fois l’église, et donc la civilisation, a besoin d’une bonne grosse brute au grand cœur pour faire le ménage chez la racaille et répandre son message d’amour, ce qui est finalement plus ou moins le pitch de L’homme qui tua Liberty Valance, sauf que Ford accorde le bénéfice de l’action de la grosse brute à la démocratie américaine et non pas à l’église, preuve que le Pappy avait su évoluer avec son temps.

samedi 27 mars 2010

The son-of-a-gun!



The son-of-a-gun !
1919
G.M Anderson
Avec : G.M. Anderson, Joy Lewis


On l’a vu avec Naked Hands, ‘Broncho Billy’ Anderson avait tenté, après quelques années d’absence, un ambitieux retour aux écrans. Mais si Naked Hands avait pu laisser quelques doutes sur sa date de tournage, il apparaît clairement dès les premières images que The son-of-a-gun n’est en presque rien affilié aux Broncho Billy première période (pour autant que je puisse en juger correctement puisque je n’en ai vu que trois sur deux cents cinquante !) et qu’il appartient bien aux cinq (ou dix, rien n’est sûr) longs métrages tournés par G.M. Anderson pour sa compagnie indépendante Golden West Producing Company après qu’il ait revendu ses parts de la Essanay. Le budget est ambitieux, les figurants pullulent et les décors sont de vrais décors, avec de vrais saloons et non pas une ou deux bâtisses filmées de près pour faire office de vieil ouest. L’exposition prend son temps, les personnages sont développés, la mise en scène soignée et portée sur le détail. Le film, sans être même modérément intéressant pour ceux non portés sur la chose, est notable sur plusieurs points pour les craqués comme moi.
Tout d’abord sur son scénario ambitieux et simple à la fois. Anderson joue un cowboy flamboyant, violent et un peu fou répondant au surnom de Son-of-a-gun, qui est une expression anglo-américaine qui signifie peu ou prou « fils de pute ». Anderson nous la joue un peu à la William S. Hart, c’est à dire que son regard croise celui de la femme (Joy Lewis, aux cheveux très mal peignés, et ceci n’est pas un aparté sur les démodées coiffures féminines du muet, là elle est vraiment mal peignée) et qu’il en est bouleversé, mais Anderson en fait un catalyseur beaucoup moins grossier que dans les films de Hart. Son héros n’en ressort pas radicalement transformé, il n’embrasse pas soudain un nouveau sacerdoce les yeux emplis de pathos, non, il se fait simplement expulser et part continuer ses conneries ailleurs. Cet aspect comme dégradé de l’intrigue Hartienne par excellence, associé à l’extrême simplicité de l’histoire (pas de méchant très méchant, pas de complot, pas de jeune fille en danger) renforce le réalisme et la crédibilité du scénario et des personnages. Le rachat du personnage sera limité au sauvetage du frère de la fille, en train de se faire plumer au poker. G.M. Anderson récupère en réalité une intrigue de base qui aurait pu servir à un Broncho Billy de la grande époque, et l’étire sur cinq bobines, sans rajouter d’éléments dramatiques supplémentaires. Il en ressort presque l’impression de regarder un western d’auteur, où l’important ne serait pas l’action, mais le contexte. Ajoutons à cela que le héros meurt à la fin sans avoir du tout eu l’occasion de se taper the girl (faut dire qu’avec la nature de cheveux qu’elle a, bref…) et on convient alors aisément de l’étrangeté de la chose dans le contexte de l’époque.
Deuxième point notable, le jeu de G.M. Anderson. S’il est largement desservi par son double menton et son gros cul, l’acteur compense au centuple par son personnage de chien fou aux yeux déments, tirant à tout va dans les saloons, offrant un mélange de force brute et de générosité (il paye toujours la tournée générale), incapable de discuter autrement qu’en aboyant les flingues à la main. Quand il se fait expulser, il se marre, prend son temps, plie ses affaires avec manières, se moque ouvertement de l'autorité. Quand il rentre dans un dancing, il a les yeux fous d’un illuminé en état de transe. Quand il lui faut du feu, il balance une grande claque dans le dos d’un petit notable, ou alors craque son allumette sur le violon du dancing. Quand il meurt, il a encore le sourire aux lèvres, les yeux humides et prêche soudain la bonne parole. Anderson nous fait là un Broncho Billy dérangeant, incapable de vivre en société mais bon en dedans. Si les courts Broncho Billy avaient pu faire douter du réel talent d’acteur de cette première star du western, The son-of-a-gun dissipe les malentendus et démontre l’implication et l’honnêteté de G.M Anderson dans son travail. A voir donc, pour les craqués de G.M. Anderson, c’est à dire, à n’en pas douter, une proportion majuscule et sans cesse grossissante de la population francophone.


Où le voir : DVD Unknown video. Si vous voulez découvrir Broncho Billy Anderson, je vous conseille d’abord ses courts de la ESSANAY (ici, ici et ) avant de mesurer la différence avec The son-of-a-gun.

samedi 6 février 2010

Naked Hands


1918
'Broncho Billy' Anderson
Avec: 'Broncho Billy' Anderson

Ce film est disponible en bonus du DVD Wagon Tracks (Un William S. Hart qui sera chroniqué plus tard) chez Unknown Video. D'après la présentation du film, G.M. Anderson aurait fait produire ce western pour signer son retour au cinéma en 1918 après deux années guère réussies de reconversion au théâtre. Il s'agirait d'un film assez ambitieux de cinq bobines, réduit ultérieurement par le producteur à un deux bobines plus conforme avec la filmographie de Broncho Billy. Néanmoins, les notes font également remarquer que certains détails laissent penser que le film aurait été tourné au moins deux ans plus tôt. Imdb liste ce film sous le titre Humanity, et indique que le tournage du film daterait carrément de 1914, mais qu'il n'aurait été distribué qu'en 1916. Harry Langman dans A guide of Silent Westerns le situe en 1918 sans plus de précisions.
Bref, on s'y perd, mais ce qui est sûr, c'est que le film en lui même présente toutes les caractéristiques d'un film qui a été charcuté. Certaines scènes paraissent longuettes pour un film censé condenser une histoire complexe en deux bobines, tandis que de nombreuses ellipses ont lieu, escamotant de nombreux points capitaux de l'intrigue. Curieusement, toute la première partie manque de moyens et ressemble ainsi cruellement aux autres Broncho Billy que l'on a pu voir (la mine d'or est symbolisée par une simple paroi rocheuse avec une pancarte, la maison n'est qu'une façade dont on ne prend même pas soin de masquer l'éclairage naturel du soleil du coté qui est censé se trouver à l'intérieur), alors que la deuxième partie resplendit de décors et de figuration, accompagnant ainsi la nouvelle aisance du héros.
Et en même temps, le film trouve une unité de ton grâce à son scénario ambitieux avec ses situations désespérées et ses pics de violence retenue, jusqu'à la tentative de meurtre finale qui sans être un modèle du genre, montre tout de même une belle intensité. Le film résume alors curieusement la carrière du réalisateur, les débuts modestes, puis la gloire et l'oubli, tout en étant dans le même mouvement une tentative vaine et sans suite de surpasser le modèle simpliste des Broncho Billy de la grande époque.
A ne voir que si vous vous intéressez à ce genre de choses.

samedi 24 octobre 2009

Broncho Billy's Sentence


G.M. Anderson
1915
Avec: G.M. Anderson

Troisième et dernier Broncho Billy du DVD Sinistercinema sur les centaines ayant été tournés, Broncho Billy’s Sentence a été fabriqué en 1915, au crépuscule de l’existence du personnage. On veut alors en voir des symptômes, on cherche les raisons du déclin. D’après Larry Langman dans A guide to silent westerns, ce film a été remarqué par plusieurs historiens pour sa complexité narrative et son sens de l’économie. La mise en scène semble pourtant aussi peu inspirée que sur les deux précédents, les décors sont peu ou mal utilisés (toujours cette abondance de feuillages). Broncho Billy est un bandit pris en chasse par un posse. Le résultat donne plus l’impression d’une bande de gamins se pourchassant d’une maison à l’autre que d’une poursuite sauvage dans le vieil ouest.
On note toutefois la volonté de produire une histoire plus sombre, plus violente que dans les deux précédents. Broncho Billy prend un vieillard et sa fille en otage, il se fait quasiment descendre par celle-ci, ce qui constitue presque un coup de théâtre.
On a envie d’y voir l’influence des films de William Hart, surtout que Broncho Billy est gratifiée d’une conversion soudaine et subite lorsqu’il se réfugie chez un pasteur dont le femme lui fait découvrir la Bible. Mais il s’agit probablement d’un hasard, si l’on en croit les résumés disponibles dans le livre de Langman certains Broncho Billy antérieurs sortent du lot pour les mêmes raisons, par exemple Broncho Billy’s last Deed (Broncho Billy se rend pour qu’un vieux couple touche la rançon, puis meurt en prison) qui date de 1913, et Broncho Billy’s Christmas Dinner (avec le prototype du « bon bandit ») qui date de 1911, bien avant les films de Bill Hart. G.M. Anderson semble bien alors un pionnier, c'est à dire un artisan businessman qui jeta toutes les bases d'un genre, mais qui laissa aux autres le soin de les sublimer.

jeudi 22 octobre 2009

Broncho Billy and the greaser


1914
G.M. Anderson
Avec : G.M. Anderson, Lee Willard, Marguerite Clayton

Greaser est un terme péjoratif anglais pour désigner les mexicains, utilisé couramment au Sud-ouest des Etats-Unis au XIXe siècle. On le trouve fréquemment dans les films muets californiens (deux Broncho Billy l’utilisent en titre). L’intrigue consiste donc en une confrontation entre Broncho Billy et un mexicain (Lee Willard, maladroitement grimé) qui avait importuné une dame. Constatant son infériorité au revolver, le vil latino entreprend donc de faire son affaire à l’universel héros WASP avec l’arme du lâche : le couteau.

Lee Willard, the greaser

A vrai dire, si l’on ne se renseigne pas sur le sens du mot greaser, cet aspect foncièrement raciste (pas spécialement sur le fait d’utiliser un mexicain comme méchant, mais sur l’emploi du terme, Hollywood ne cherchant pas encore, à cette époque, à vendre ses films dans le monde entier, peu de cas était fait des sensibilités nationales) passe parfaitement inaperçu, tant le mexicain en question ne correspond pas au poncif communément admis du mexicain de western.
Le greaser en question apparaît alors comme le méchant archétypal, fourbe, lâche et sans pitié. Le western devient un conte, avec son grand méchant loup, peu en prise avec la réalité. Broncho Billy est un chevalier qui aide les faibles, le méchant est capturé, le héros est sauvé grâce à la belle (hé oui). Les distances sont abolies, le vieillard en détresse s’évanouit à deux pas de la cabane de Broncho Billy qui lui même habite près du dancing et du magasin. Les décors sont minimalistes, quasi-symboliques, l’action est efficacement filmée, sans erreur mais sans invention, selon une recette éprouvée et répétée.

Le feuillage omniprésent, le jeu exagéré du muet (Marguerite Clayton)

L’ouest, ce sens mythique de l’ouest, l’hommage aux pionniers et à la conquête ne se trouvent pas ici, tant Anderson se contente de plaquer une geste chevaleresque dans le décor d’un genre qui reste encore largement à inventer.

Un humour uniquement tributaire du burlesque


Captures: DVD SinisterCinema

Broncho Billy's fatal joke



1914
G.M. Anderson
Avec : G.M. Anderson, Marguerite Clayton

G.M. Anderson fut la première star de western au monde. Après avoir joué plusieurs rôles dans le Vol du Rapide en 1903, le premier western jamais réalisé, dont le rôle du voyageur qui se fait descendre de façon théâtrale, G.M. Anderson part à l’Ouest et fonde la compagnie Essanay avec George K Spoor. Il écrit et tourne alors à Niles (devenu Fremont, en Californie) plus de trois cent soixante quinze westerns entre 1908 et 1915, dont il interprète également le rôle principal : Broncho Billy. D’après Robert Florey dans son livre Hollywood années zéro, G.M. Anderson ne savait même pas monter à cheval. Il apprit sur le tas, et eut toujours recours à des doublures pour les chevauchées. En tant que producteur, il parvint également à débaucher Charles Chaplin du studio de Mack Sennet, pour le perdre assez rapidement ensuite.
Difficile d’opérer un jugement sur les films de Broncho Billy disponibles. En voir quelques un parmi les centaines tournés revient à découvrir Sergio Leone en se contentant d’une scène au hasard parmi tous ses films : on n’a pas assez de matière ni de référent solide pour juger. Les trois que j’ai vus ont été tournés en 1914 et 1915, c’est à dire vers la fin de la série des Broncho Billy, quand Anderson commençait sans doute à en avoir assez de son personnage. C’est le seul indice que l’on peut avoir sur un quelconque manque de qualité des films vus par rapport à la norme.
‘Broncho Billy’ Anderson tournait ses films à un rythme d’enfer, à une époque où le cinéma s’inventait chaque jour, où la demande était forte en quantité, pas encore mature en qualité. Les acteurs, presque toujours les mêmes d’un Broncho Billy à l’autre étaient payés à la semaine et enfilaient les tournages comme on pointe à l’usine. La recherche artistique n’était pas encore déterminante, il faudra attendre les grandes œuvres de Griffith pour que le cinéma commence à être pris au sérieux en tant qu’art, et non pas en tant que divertissement populaire seul.
Quoiqu’il en soit, les Broncho Billy sont tournés à l’économie et cela se voit, comparativement aux William S. Hart, qui lui commençait à percer à la même époque, alors qu’Anderson déclinait. Pas de plan large, aucune mise en valeur des extérieurs qui se résument à quelques branchages et quelques collines aperçues de loin. Aucun plan large des décors non plus, les cabanes sont filmées de près, le même magasin général sert d’un film à l’autre.
Dans Broncho Billy’s Fatal Joke, les mines sont symbolisées par une pancarte plantée au pied d’un rocher. Broncho Billy fait une mauvaise blague à un vieux prospecteur qui malheureusement meurt d’une crise cardiaque. Broncho Billy va tout faire pour réparer cela et faire en sorte que la fille du vieux récupère quelque chose de sa mine. Bien sûr, il en tombe amoureux. Très courts, les Broncho Billy fonctionnent comme des fables avec une morale naïve. Même s’ils sont très « plan plan » au niveau de la réalisation, ils bénéficient d’un sens très sûr du montage (quasiment sans intertitres pour ceux que j’ai vus) et de la narration, et d’un jeu d’acteur tout à fait acceptable. Le résultat est remarquable connaissant les conditions de tournage. Mais ces qualités semblent issues d’un métier répété cent fois et non pas d’un talent inné, d’une manufacture déjà bien rodée, et non pas d’un genre à la naissance de son art.

Où les voir : DVD Broncho Billy Shorts Volume 1 de sinistercinema qui reprend trois Broncho Billy, disponible sur amazon.com. J’ai bien l’impression qu’il n’y a pas de volume 2. La qualité de l’image est correcte, mais comme d’habitude, le recadrage laisse à désirer, il manque de l’image à gauche et parfois à droite. J’aimerais bien connaître la raison technique de ce défaut récurrent, peut être la dégradation des bandes.

PS. Je n'ai pas trouvé confirmation si le Bronco Billy de Clint Eastwood est un hommage à Broncho Billy, mais il y a de grandes chances.


Image du haut: capture DVD Sinister Cinema
Image du bas: wildwestweb.net

dimanche 21 janvier 2007

Le vol du rapide


Regarder le tout premier western jamais réalisé, c’est doublement émouvant.

D’abord vous assistez à la naissance d’un genre, avec ses chapeaux, ses trains, ses chevaux, ses revolvers et même la dynamite. Tous les codes sont déjà en place : le combat à main nu (observez comment le conducteur se transforme en mannequin avant d’être balancé hors du train, on assiste aussi aux début des effets spéciaux), la mort surjouée (celle du voyageur qui tente de s’échapper), le bal typique western et la poursuite à mort. Et déjà, à la fin, la morale est sauve. A voir: cet effet terrifiant (à l'époque) et complètement déconnecté de l'histoire où le chef des bandits nous tire dessus. Les petits malins noteront qu’il essaye de tirer un septième coup alors que son barillet est vide !Ensuite, il n’est pas sans intérêt de constater que ce film a été tourné alors que la période qu’il décrit touche à sa fin. Le film date de 1903, et un certain nombre de westerns tournés depuis se situent justement au début de ce siècle. Comme un touchant passage de génération, de la réalité au cinéma.

The Great Train Robbery (Le vol du rapide)
1903
Edwin S. Porter.
Avec George M. Anderson, Justus D. Barnes, Walter Cameron.

Le film est disponible gratuitement sur le lien ci-dessous:
C’est en téléchargement libre, la Police ne va pas débarquer chez vous, allez y sans mauvaise conscience !